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Seul,
Mardi, 03 Mars 2009 10:01

Il est là,le dos à plat. Les jambes entortillées. Le visage tuméfié. Son corps difforme, habillé de froid gît sur le parquet ciré. Teint de cire. L’œil épouvanté. La peau parchemin se ride. Surface liquide, lac placide, vie d’acide ; il est mort ce matin, glace au dehors, feu au dedans. Son heure a sonné. C’est ainsi. Dans ses mains s’échappe la théière. La tasse cassée petits morceaux répand le liquide.

Vielle maison. Murs de granit. Un employé de la mairie trouvera son corps à midi. Isolé du monde. Des ondes et des secondes. Sa vie, comme un oiseau, à tire d’ailes. Il a voyagé. Cœur solitaire, marin d’exception. Bateau sur les flots, l’ancre ne l’attachait jamais. Jeunesse infinie. Sans complexe. Toutes voiles dehors. Il a fini sa vie encré dans la pierre. Des lignes et des lignes d’écriture. Un passé composé au fur et à mesure de sa vieillesse. Souvenirs d’océan, de nuages noirs ou de femmes fatales.

Trois jours. Allongé désormais dans une boite en bois. Tombeau de terre. Le linceul recouvre dépouille blême. Un gisant d’une autre époque. La moustache se cambre pour un dernier adieu, sourire macabre, au revoir. Il est seul. Encore une fois. Le crépuscule et le curé l’accompagnent à sa dernière demeure. Il aurait préféré mourir en mer. Une algue recouvrant son tatouage sur le cœur.

C’était hier, c’était demain. Vogue marin par dessus l’aube en colère ou les ports qui brillent. Parfums d’ailleurs. Des étoiles plein le crâne. Sa fin rejoint son Eden. Bon voyage !

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