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Mes textes
Marie-Galante, carnet de vie
Vendredi, 07 Décembre 2007 11:48
Une idée de cadeau ? Un Noël sous le signe des tropiques et des alizés ? Un coin de soleil entre vos mains ?

Mon dernier né : un livre magnifique (assurément) illustré de superbes (il ne peut pas en être autrement) photos représentant l’île où j’ai vécu deux années : Marie-Galante. Je vous y raconte un peu l’histoire de cette île, les coutumes et ma vie là-bas. Un cadeau parfait. Que vous trouverez de ce côté. Ouvrir cet ouvrage (hors du commun) c’est sentir la caresse du sable blanc, le parfum des épices, la tiédeur de l’eau.
 
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D’autres cadeaux splendides et magiques à offrir à vos proches ou à vous-même ?

Une envie de poèmes ? C’est par ici.
 
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Un roman d’amour sombre mais néanmoins passionnant, à lire au coin du feu (ou sous la couette) en se laissant bercer par les mots, comme une musique envoûtante. C’est pas .
 
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N’est-elle pas belle la vie ? Trois somptueux cadeaux à ne louper sous aucun prétexte. Comment ça j’en fais trop ? jamais ! 
 
Un p'tit frère !
Jeudi, 22 Novembre 2007 20:00

Non, non, non je ne suis pas enceinte. Deux charmantes jeunes filles, ça me va. Non, c’est plus simple que cela. Sur ma lancée, je m’auto-édite une fois de plus. Pendant ce temps-là, mon manuscrit s’envole vers les éditeurs (les vrais) et poursuit sa course folle. Je serais donc comme beaucoup d’entre vous : en attente d’une réponse. Mais en attendant cette réponse décisive, j’ai décidé de mettre ce roman en page afin d’y voir plus clair.

Voilà, voilà. Marie-Laure, ben oui encore toi, tu as ouvert une sacrée brèche et c’est ainsi que je deviens plus enhardie. Je m’expose au monde. Toujours le même petit pas pour vous mais un grand pas pour moi.

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Dernier né, donc, un roman d’amour (que vous trouverez ici). Enfin, des amours tourmentées. On ne change pas sa plume comme cela ! Mes écrits sont, il est vrai, parfois un peu sombres… Une presqu’héroïne romantique, des lettres, une douleur et…  à vous de lire et de découvrir la fin.

Toujours autoédité chez TheBookEdition (concurrent de Lulu).

Pour ceux qui se lanceront dans l’aventure, euh la lecture, dites-moi ce que vous en pensez ! Et si un éditeur passe la porte de ce blog, qu’il n’hésite surtout pas à entrer et à me contacter

 
Il était là
Mardi, 20 Novembre 2007 20:00

 

Il était là, le long de la route. Seul, un sac à ses pieds, ses doutes dans la paume de ses mains. Debout sur l’herbe, il regardait l’asphalte : gris et vulnérable, le dos offert au martèlement des pneus, les bas-côtés aux errements des aveux.  Le ciel pleuvait de grosses gouttes tristes. Des larmes de suie. Son reflet se perdait dans ce lointain, cet incertain, ce paysage noyé sous le temps d’airain. Ses pas caressaient les évidences goudronnées, il tournait et retournait comme une pendule aux aiguilles folles. Il oubliait la course du temps.

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Un moment il se revoit là, pschitt, près de moi, le corps en émois. Il respire mon parfum au creux de son cou. Si doux. Petite bulle de soie. Nous étions heureux dans cette petite chambre bleue. Des dentelles, un papier peint à fleurs et un lit à baldaquin. Lui, moi, nos joies et nos ébats. Nos sexes qui s’entrechoquent, nos voix qui se chuchotent. Murmures d’une autre époque. Les rideaux cachent nos danses, presqu’aquatiques, nos jeux authentiques. Moustiques ! On se picore, on se suce, on se dévore. Alcôve secrète ignorée des avides regards extérieurs. Abbaye blottie au creux de nous.

Nos promesses s’élèvent haut dans les cieux, limpides et clairs. Nos mains se tressent sur nos mots d’amour. Emprisonnés dans nos corps à l’abandon, nos âmes communient en silence. Amants infinis dissimulés aux yeux des gens. Il suit de son doigt la courbure de mes seins, l’arrondie de mes hanches, le creux de mon nombril, la naissance de mon cou, la douceur de mes cheveux, l’agilité de mon pied. Amoureux jusqu’à la lie, ivrogne de ma peau, enivré de mes chairs humides et douces. Boit à ma coupe, s’épanche à mon calice. Déesse de nos chairs qui se donnent sans relâche. Frissons. Poison. Nos voix à l’unisson.

Nuages de souvenirs qui se perdent dans la cime des arbres. Je suis morte, candélabres, ce fut hier. Parterres de fleurs et silhouettes noires. Pleurs et douleurs pour ma mise ne terre. Il m’accompagnait en ma dernière demeure. Plus d’heures. Elles se sont tues.

Il était là, le long de la route. Trempé comme un nénuphar sur sa mare. Les racines dans la boue. La moue sur son visage. A bout d’éclair.  Comme une hachure de l’âme, la zébrure est entrée par la pensée est repartie par les pieds. Comble de la rapidité. Tas de cendres qui fument. Braises encore incandescentes, il rejoint l’enfer, se soulève, voile anthracite.  Destinée brûlante pour souvenances torrides.

 
Noir c'est noir
Lundi, 19 Novembre 2007 20:00

Noir, couleur du chocolat
Noir comme mes états d’âme, parfois
Noir, ciel d’encre et de suie
Noir, les pavés sous la pluie
Noir, la peau des femmes d’Afrique
Noir, les dessous du porno chic
Noir, les vêtements que je porte
Noir, ce trait de crayon qui illumine cette feuille
Noir, l’intérieur de mon cercueil

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Noir comme la courbe de l’ombre qui te suit
Noir, l’enfance tourmentée d’une jeune fille en Asie
Noir, les guerres et les affrontements
Noir, le défilé de mes ans
Noir, le tronc de ce séquoia des pays lointain
Noir, les tréfonds de l’âme d’un écrivain
Noir, la frange de tes cils
Noir, les bombes qui explosent et parsèment la ville
Noir comme l’éther privé de sa lune
Noir, les dièses d’un piano qui résonne en amertume
Noir, les enfants dans les mines
Noir, le bourreau et sa guillotine
Noir, mes yeux qui broient mille colères
Noir, tes petits coussinets
Noir comme une excision profonde qui blesse
Noir, l’antre de Méphistophélès
Noir derrière la lumière
Noir, la crinière de ton cheval
Noir, la salle de cinéma
Noir, le magicien dans le cri d’abracadabra !
Noir, la chambre de mon appareil photo
Noir, les ailes du corbeau
Noir, ces lueurs dans ma tête
Noir, la note de musique
Noir, l’opposé du blanc
Blanc, le complément du noir
Noir, le drapeau
Qui parfois se noue au blanc
Noir et blanc, une histoire d’amour. 

 
Mes poèmes à lire
Vendredi, 09 Novembre 2007 20:00

Et bien voilà, j’ai sauté le pas, comme on dit. Comme je dis. Comme vous dites. Je n’osais pas. Peur, encore, douleur sourde mais qui s’ennuie. Mes mots sont faits pour voler, papillonner de mes pensées à votre cœur. Si l’âme vous en dit.

Idée soufflée, trace son chemin pour finir un matin dans un bouquin. Pas d’éditeur. Pas encore, pas tout de suite, champs de bataille à l’essai. Après on verra.

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Mon propre éditeur, mes propres risques. Voilà. Petit recueil de mes poèmes. A vous de lire, à moi de vous écouter, maintenant, me raconter vos impressions.

Marie-Laure, tu as allumé la mèche, sans peut-être le savoir. Je me suis jetée sur la braise naissante, je vais maintenant m’enrubannée d’espoirs.

 
Le Vieux
Mercredi, 17 Octobre 2007 02:00

Chère amie,

Je vous écris ces quelques lignes pour tromper ce soir qui m’envahit. Je ne vois que de lourds et tristes nuages s’amonceler au dessus de la maison. Et déjà, il est temps d’allumer cette lampe que vous m’avez offerte, un jour de printemps. La petite flamme danse tranquillement. Fuit les courants d’air qui s’accumulent. L’air est froid. Une veste de laine couvre mes épaules endolories. Mes doigts serrent la plume avec acharnement. Ils s’accrochent à ce modeste bout de corne de buffle pour glisser sur le papier mes idées sombres.

Je suis seul. Depuis quelques années déjà, la maison s’est vidée. Plus de rires ni de disputes. Plus d’ires ni de lutte. Les enfants sont loin. Leur défunte mère repose en paix. Il m’a fallu toutes ces années pour ne pas condamner le souvenir de celle qui fut ma femme. Notre amour, toujours chancelant, a finalement basculé lentement. Sa fin odieuse fut un supplice. La terre fraîchement retournée, J’ai osé respirer l’air avec délice.

Chère Emilie, chère amie, vous qui êtes loin de tout, de moi, de nous. Oseriez-vous revoir un vieux fou ? Auriez-vous cette âme charitable que je vous connaissais ?

Bien abruptement, et sans politesse aucune, je m’invite chez vous.

 

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Cher Victor,

C’est avec un grand désarroi que j’accueille votre lettre. Vous savoir seul fait de moi la plus triste des femmes. Les journées s’écoulent tout aussi péniblement pour mes vieux os et l’ombre de ma maison se confond avec la mienne. Je suis seule et solitaire. Nulle âme ne trouble mon ennui.

Aussi, je vous accueille avec plaisir, Cher Victor, au sein de notre modeste maison que vous avez très bien connue autrefois.

 

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Elle est là. Sur le pas de porte. Petite et menue. Un tablier blanc et de longues tresses brunes. Tableau de Vermeer. Son visage, comme un vieux grimoire, déclame les aléas de sa vie. Lignes et creux. Courbes et vallées oubliées. Ses sabots, plantés ferme dans la boue, ne bougent pas. Le ciel d’un rouge profond éclabousse les ombres. Un vieux four à pain marque l’entrée de la modeste demeure. J’arrive fourbu, le poids d’un baluchon mal fermé sur mes épaules frêles.

Une immense peine m’englue le cœur comme une multitude d’aiguilles qui s’enfoncent une à une dans mon organe glacé.

J’accueille ses mains douces entre les miennes. Nos yeux s’embuent d’étoiles. Timide, pourtant je la suis sans mot dire jusque dans son antre. Le silence nous entoure. Malgré la pénombre, un feu illumine l’âtre. Deux fauteuils se font face. Un mince soupir s’élève de sa gorge pendant que nous prenons place près des cendres chaudes.

L’endroit n’a pas changé. Il est si familier. Je respire cette odeur d’encaustique, de rôti froid, l’endroit est poétique. Une nappe à carreaux rouges et blancs repose sur la table en merisier massif. J’avais l’habitude d’y prendre mes petits déjeuners et mes diners. A midi, dans un panier d’osier, un casse-croute m’attendait. Pain, vin et fromage. Un peu de viande froide et quelques pommes. Le verger tutoyait la maison. Que de souvenirs ! Et je m’étais enfui d’elle. De ses tresses bien trop longues, de ses sabots bien trop lourds, de son corps bien trop gracile. Pour une autre femme. Bien plus belle, bien plus vipère. Toutes ces années loin de mon Emilie.

Il aura fallut l’outrage du temps et le remords pour enfin revenir près d’elle. Souvenirs enivrants. Douce quiétude. Un même accord partagé.

Je ne sais pas quoi dire. Je suis là, après bien des années loin de cette femme tant aimée et tant détestée. Ma langue se fige dans ma bouche trop sèche. Mon âme se paralyse dans une culpabilité bien trop aiguisée. Je suis un lâche.

Je la regarde avec douceur. Me noie dans son visage d’ange. Mes yeux pleurent. Mon cœur, à bout de force, s’effondre dans un dernier élan. Une main sur la poitrine, je suffoque. Elle ne bouge pas. Son regard se perd sur les flammes qui dansent. Je suis transparent. C’est ainsi que meurent les âmes vides. Sans promesses. Enferrées dans leur chrysalide. 
 
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