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Mercredi, 05 Août 2009 00:00 |
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Glisse, s’immisce par l’interstice. Rayon de lune. Ce soir, ce matin, ce jour c’est le droit chemin vers l’hospice. La valise s’enlise. Les chaussures grises. Le geste lent, la pensée indécise.
La sonnette retentit. Il est l’heure. Mais il est tétanisé. Son corps est lourd. Plomb. Le choix ne lui appartient plus. Il sait qu’il doit abandonner sa vie ses souvenirs cette maison de bois. Comme s’échapper ? Le temps s’écoule, mou. Au creux de son ventre, flou. Bouillie indigeste, gastrique. L’acide ronge ses nerfs à vif.
La sonnette ! Au nom du Père et du Saint Esprit !
Il ouvre.
Deux hommes habillés de bleu sourient. Aimables, le sourire accroché à leurs yeux menteurs. Il a peur. Est-ce l’heure ? Un pas et le voilà hors de lui. Sa maison, petite forme ridicule derrière son dos. Il se voudrait chauve-souris, voler de ses propres ailes, traverser l’ennui au radar. Eviter les regards et les corbillards. I sent déjà la Mort. Elle rôde. Vieux Condor qui plane au dessus de son âme.
Dans la voiture, il est muet aux questions posées. Ils l’oublient donc. Triste vieux solitaire. C’est l’asphyxie. Il joue à colin-maillard avec la Faucheuse. Foulard minuscule. 1, 2, 3 ! et voilà ! Il est là, cueilli dans cette auto. Fini. Attrape ta faux, droit vers l’échafaud.
Les deux types piaillent fort. Musique Highway to Hell. Rictus. Le chemin vers Quoi est pavé d’humour, il est né sur les premières notes de Stairway to Heaven…
Ils se retournent enfin, pantins dans leur pyjama azur. Le ciel est sombre, matinée délavée. Il est assis, l’œil vitreux et vide. Chrysalide dépouillée. La clepsydre s’est tue. Le corps effondré sur la banquette arrière. La bave aux lèvres gercées. Parchemin fané. Ils ne s’étonnent plus. Ce n’est pas al première fois que les anciens s’écroulent sur le parcours. Blasés, ils sont.
Pendant ce… tant va la vie !
Il n’est plus seul. Tunnel fluor pour rejoindre sa moitié. Jamais oubliées. Trop longues années sans elle. Droit devant, là, glousse doucement celle qui a pimenté ses songes, ses désirs, ses envies d’aujourd’hui. Il s’avance, attiré comme l’amant. Fluide glacé. Ses rides s’accentuent. Il ne comprend pas. C’était l’évidence. L’amor à vie. Comme dans les livres, les films, les histoires d’A. Absence. Ferme les yeux.
Elle est toujours là. Evanescence sans importance maintenant. Elle n’est plus seule. Un homme sans âge l’enlace de sa mâle attitude. Gonflé d’orgueil. Ça le dérange. Ils sont heureux. Il se détourne. L’incompréhension en lettres profondes au fond de ses yeux, puits sans limite, chute libre. Enfer ? Purgatoire ? Paradis ? Il s’hélium pour fuit ce post-scriptum inattendu. Penaud, vermisseau sans pensées. Sa fin aussi bouleversée qu’un Picasso.
Alors, au bord d’une seconde agonie, il s’en retourne le cœur lourd. Voyage organisé sans retour. La voix sans discours. Se diluer. Gravir les remparts de l’oubli, s’enivrer de ce rien qui l’appelle. Et naître à nouveau, bambin éphémère dans l’absolue du vide.

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Mardi, 26 Mai 2009 07:29 |
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Des ruelles pavées d’histoires anciennes. Des murs de granit oublié. On serpente entre les souvenirs et les jours d’antan. C’est un vieux village. Délabré, perdu, abandonné. Au détour d’un chemin de pierres, il s’offre à nos yeux émerveillés.
Jadis une place accueillait les rires et les pleurs. La boulangerie diffusait son parfum de pain doré. La vie d’animait autour du grand chêne. Les enfants couraient joyeux cache-cache quotidien.
Il ne reste plus désormais que quelques chats errants. Une tristesse pesante et le fantôme de ce village planté sur la colline. La joie s’en est allée par les champs et les prés. Les bardeaux moisissent de peur et l’eau s’infiltre en gouttelettes lourdes.
Des ruelles pavées d’incertitude diluviennes. Le regard embrasse ce lieu passé. Je me détourne pour mieux m’enfuir, j’appartiens au présent. Racines noyées d’hier je suis d’aujourd’hui.

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Jeudi, 05 Mars 2009 11:13 |
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Elle se balance. De droite à gauche. Sur un pied puis sur l’autre. Elle hésite. Son regard se perd dans l’immensité bleue de la mer. De petites franges d’écume bordent le sable, noir à cet endroit. Spectacle insolite et mystérieux. Dans son dos se balancent aussi les ramures des cocotiers. Alizés. Ciel doré.
Le soir approche. Petits pas. On ne l’entend pas venir, si doucement. Elle est toujours là. Une journée entière qu’elle se berce de tout son corps. Les mains s’agitent mollement. Comme une poupée désarticulée et perdue sous le vent. Elle est calme pourtant.
Son enfant mort paisiblement sur le sol. Recouvert de palmes, il ne craint plus le temps qui passe. Son estomac ne réclamera plus de nourriture ni son petit corps de câlins douillets. Absent. Les cheveux fins flottent avec grâce. Son regard se perd, immobile. Il a vu défiler la haine de sa mère, l’espace d’une seconde. Il n’a pas comprit. Quatre belles années à croquer. Son avenir s’en est allé au gré de la colère de sa maman.

Elle se retourne enfin. Couve son ange roux du regard et semble comprendre. Son regard se voile et des torrents de larmes baignent son visage. A genoux, tout à coup, le poids du courroux ! Un cri déchire l’air, comme un poignard qui tranche. Prière muette d’abandon. Ça fait mal. Ça trachée qui brûle. Ça sang qui se fige.
Elle se penche. Vierge attentionnée. Arrondie de ses bras autour du bambin. Elle veille. Dame en deuil. Son Amour, elle cueille. L’âme cercueil. Assise dans le creux de la nuit, elle se balance. De droite à gauche. Sur une pensée puis une autre. Elle hésite.
Accablée de chagrin, l’aube la butine maladroite et froide. Le soleil se devine, point rouge à l’horizon. Frêle silhouette portant son enfant, elle se lève et marche vers l’océan. Les vagues sont fraiches mais l’eau est douce. L’onde à mi-taille, elle sourit. Son esprit en paix son chérubin déjà secret. Puis c’est la fin. Ce n’est que ça, la fin. Deux corps sous la houle, en équilibre, la vie qui se tait sous les arbres. Les algues s’agglutinent lentement autour de ses pieds. Danse immobile. Le cœur se meurt.
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Mardi, 03 Mars 2009 10:01 |
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Il est là,le dos à plat. Les jambes entortillées. Le visage tuméfié. Son corps difforme, habillé de froid gît sur le parquet ciré. Teint de cire. L’œil épouvanté. La peau parchemin se ride. Surface liquide, lac placide, vie d’acide ; il est mort ce matin, glace au dehors, feu au dedans. Son heure a sonné. C’est ainsi. Dans ses mains s’échappe la théière. La tasse cassée petits morceaux répand le liquide.
Vielle maison. Murs de granit. Un employé de la mairie trouvera son corps à midi. Isolé du monde. Des ondes et des secondes. Sa vie, comme un oiseau, à tire d’ailes. Il a voyagé. Cœur solitaire, marin d’exception. Bateau sur les flots, l’ancre ne l’attachait jamais. Jeunesse infinie. Sans complexe. Toutes voiles dehors. Il a fini sa vie encré dans la pierre. Des lignes et des lignes d’écriture. Un passé composé au fur et à mesure de sa vieillesse. Souvenirs d’océan, de nuages noirs ou de femmes fatales.
Trois jours. Allongé désormais dans une boite en bois. Tombeau de terre. Le linceul recouvre dépouille blême. Un gisant d’une autre époque. La moustache se cambre pour un dernier adieu, sourire macabre, au revoir. Il est seul. Encore une fois. Le crépuscule et le curé l’accompagnent à sa dernière demeure. Il aurait préféré mourir en mer. Une algue recouvrant son tatouage sur le cœur.
C’était hier, c’était demain. Vogue marin par dessus l’aube en colère ou les ports qui brillent. Parfums d’ailleurs. Des étoiles plein le crâne. Sa fin rejoint son Eden. Bon voyage !

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Mercredi, 03 Décembre 2008 00:00 |
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La vie ton sur ton. Monochrome. Camaïeu d’ocre et de brun. Je ne vois que le terne, le morne, le corps en berne.
Le froid me pique la vie. La glace emprisonne mes désirs d’ailleurs. Dans mon cocon je m’hiberne.
Visions de mousse et de lichen. Odeurs de terre et d’abandon solitaire. Il fait noir, pierre et bientôt neige. Sous le blanc s’efface mes pensées. Fétu de rien du tout. Cœur perdu. Ame chiffon, je m’égare, dans l’hostile, je suis poussière.
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Vendredi, 28 Novembre 2008 00:00 |
Un petit clin d’œil hors saison. La pluie se fait larmes froides sur les fenêtres de ma maison granit et, en plein rangement et tri fastidieux, j’ai retrouvé cet article écrit il y a deux ans déjà, pour le Journal du Charme, un site web coquin illustré de très jolies photographies.
Il fait froid. Vous rêver de plages chaudes et désertes alors… voici l’histoire du bikini !
Le bikini ! Il en a fait couler de l’encre et des yeux de velours ! Il a fait basculer le monde dans une autre dimension : celui de la femme qui dévoile ses formes et son petit ventre arrondi.
Nous sommes en 1932. Monsieur Jacques Heim invente un maillot de bain minuscule baptisé « atome », en raison du peu de tissus qui le compose. Aux Etats Unis, à cette bientôt triste époque, ce sont les restrictions de budget. Notamment au niveau des textiles. Dans cet esprit, les femmes font preuve de patriotisme en acceptant de supprimer les jupes de bain au profit de ces deux petits bouts de tissus.
Quelques années plus tard, c’est Monsieur Louis Réard qui présente le « bikini » pour la première fois à Paris en 1946. Il fut porté par la charmante Micheline Bernardini, danseuse du Casino de Paris.
Les explosions nucléaires qui eurent lieu dans l’atoll du même nom, Bikini, furent presque un détail comparé à l’explosion qu’engendra ce nouveau maillot de bain deux pièces.
Pour autant, le bikini eut beaucoup de mal à trouver sa place dans notre société aux valeurs morales et religieuses. Choc culturel trop violent, il fut même interdit sur certaines plages d’Europe. Nous sommes loin de ce cliché aujourd’hui !
En 1953, c’est Marilyn Monroe qui affiche ses rondeurs coquines dans « les Hommes préfèrent les blondes ». En 1956, Brigitte Bardot contribua à sortir le bikini de sa réserve et de sa poussière. Puis en 1962, ce fut Ursula Andress qui dévoila ses formes généreuses dans un James Bond. Ce fameux bikini est un classique des scènes de séduction : cette femme qui sort des flots, coquillages dans les mains, l’air dun ange, un couteau aux hanches…, ruisselante d’eau, les cheveux mouillés retombant sur ses épaules… Quel charme torride !
Le cinéma ! Il contribue grandement à décliner le bikini sous toutes ses formes. Pour toutes les femmes. Raquel Welsh le portera en fourrure, façon préhistorique. Jane Fonda le portera pour Babarella, puis c’est Linda Carter, l’héroïne de Wonder Woman qui se drape du bikini façon drapeau américain !
Aujourd’hui, les mœurs sont différentes. On porte le bikini. On ose le topless. On accessoirise de foulards ou de perles. Tout est permis. Et surtout, nous sommes beaucoup moins frileux qu’auparavant.
Bon week-end à tous ! |
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