Sous ma chasuble-voile, diaphane et profane, je me sépulture de vous. Autrui source de mépris. Parfois. Méfiance au bout de mes lèvre quand il faut dire mots. Cœur qui se soulève sous mes maux. Bourgeons à peine éclos, je me gisant sous la pierre. Au chaud. Au loin des regards qui percent et transpercent, je me renverse.
Sous la Nef, je suis ainsi à l’abri. Granit ou marbre. Froid. Corps en fossile, recueillir le sang des fidèles. Morte aux lamentations je m’athée de Toi pour mieux m’attelée à ma tâche, maladroite, reposer en paix sous le gypse.
Sonate muette à mes sourdes ouïes. Fragile atmosphère repentie sous la pierre. Eglise. Les pas se glissent sur le pavé. Glacé. Hanté. Ames en repos pour l’éternité. Trop long !
L’encensoir m’emparfume de lourds souvenirs. Jadis je fus une femme. De chair et de veines qui fuient. Passé oublié pour lymphe à l’agonie. Dépouille désormais immortelle à vos yeux, je m’égrène à vos chapelets. Clic clic clic. Petites perles de bois ou de nacre sous vos doigts d’albâtre. Solitude intemporelle. Sur les murs se peint encore mon ex-voto. Presqu’icône. Phantasme - non non je n’ai pas fait de faute à ce mot ;o)
Des rides profondes s’ensillonnent sur mon visage. Est-ce illusion ? Perfide course du temps qui s’efface. Ma fraîcheur s’en est allée. Vers quels Enfers ?
A l’aube de mes quarante ans, je me chiffonne l’âme de ces marques qui se parchemin sur ma peau. Coquetterie ?
Toutes ces joues roses et lisses autour de moi. Ces mains fermes et ces corps frêles. Nostalgie ?
Je me surprends à vouloir pactiser avec Lui. Lui, Méphistophélès, légende de l’éternelle jeunesse. Je me croyais à cent lieues de ces signes extérieurs de vieillesse. Et pourtant non. Caprice de femme ?
Ces clichés de moi, rares, me renvoient mes vingt ans comme un boomerang. Je me souvenir de cette femme non contaminée par les orages et les foudres. Machine à remonter le temps. Mais rester la même. Une âme de 40 dans un corps de 20. Est-ce possible ?
Comment ressentirla vie ? Suis-je vivante ou chair amarante ? Morte ou bien debout sur le pas de ma porte ? Comment ressentir la fin ? Suis-je en sommeil ou en réveil ? L’âme en déroute entre le Paradis et l’Enfer, quel chemin prendre, choisir de me rendre ?
Paradoxe de la lune au soleil. De la nuit au jour. Du bien et du mal. Le cœur, balancier un peu rouillé dans son coffre de bois vermoulu. Je m’interroge. Les doigts sur ce clavier, le blues comme bouclier.
Comment s’épanouir à la vie ? Suis-je heureuse ou malheureuse ? Le bonheur au bout de mes lèvres qui se meurent ? Comment prolonger la fin ? Suis-je fantôme ou être d’atomes ? Maison de granit ou cercueil de fer futur prétérit ?
Paradoxe de moi ou toi. Du blond ou du roux. Du sourire ou des larmes. Le cœur, balancier un peu fané dans son coffre de marbre brisé. Je m’interroge. Les doigts sur ce clavier, le blues comme mélodie aimée.
Un cœur givré. Enneigé de souvenirs trop lourds. De clichés imparfaits. De haine inutile. Me voici à l’aube d’une nouvelle vie. L’amer en suspend dans l’air léger. J’oublie.
Pas de longs discours en ce moment. Le corps en hibernation malgré le printemps. J’infuse mes sentiments. Pour mieux renaître avec le temps. Soyez patients, je reviens. Doucement.
Encore une découverte de mon Amoureux. C'est beau, sensible, triste. A vous de découvrir cet univers virtuel mais si... réel. L'Amour avec une belle Majuscule.