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Écrit par Nath
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09-10-2007 |
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Extrait numéro 4
Elle traine ses pas le long des couloirs. Noirs. Une petite porte s’ouvre sur une loge. Eclairée de lumières tout autour du grand miroir. Un vase remplit de fleurs multicolores. Une grande tablette blanche, adossée au mur, grouille de parfums et de fards. Elle s’assoit. Triste. Et se grime. Elle efface les traces de sa dispute. Il y a une heure à peine, il est parti. Pour une autre. Et le quotidien doit avancer. Ne pas courber le dos. Ne pas fléchir. Etre là, pour le public qui applaudit ou pleure au moindre de ses gestes.
Un trait de noir, deux de rouge. Un masque. Une perruque. La voici prête à jaillir sur scène. Les musiciens sont là. Dans les pièces d’à côté. Ils endossent smokings et nœuds papillon. Accordent leurs instruments. Se préparent pour la représentation. Tout doit être accordé, pensé, répété. Le chef d’orchestre, très affairé, tourne en rond. Il passe en revue sa partition. S’assoit. Se lève. Examine un archet. Passe ses doigts sur un piano droit qui orne la pièce. Ses chaussures s’abiment de tant de déplacements. C’est la dernière. Tout doit être parfait.
Et elle souri à cette glace bien trop grande. Ce miroir qui mange la pièce, lui renvoi une image livide et morne. Ses lèvres se pincent. Ses yeux se retiennent de déverser un flot de larmes amères. Il n’est plus là… Une autre femme. Qu’a-t-elle de plus que moi ? Question rituelle, obligatoire, pesante et encombrante. Elle ne veut pas de réponse. Son cœur ne peut s’épancher, là, tout de suite. Ce n’est plus l’urgence. Sa tête bascule dans un monde parallèle. Son regard se voile.
La sonnerie retentit, il est temps. Ses pas mal assurés la guident vers la scène. Les musiciens sont déjà installés. Le rideau est encore tiré. La voilà sur le devant de la scène. Applaudissements. Tout commence. Les premières mesures et le tissu qui s’ouvre découvre une salle comble. Sa voix s’envole après un dernier grand souffle. Ses pensées se vident. Elle est là, seule parmi la musique. Plus rien ne compte.
La représentation est un triomphe. Un tonnerre s’abat sur la salle signifie sa victoire. Elle redresse la tête. Un sourire s’affiche pour tous ces gens venus pour la voir. La vie va ainsi.
Il est parti. Tant pis. Sa vie tournera sans lui. Ne pas s’apitoyer ni pleurer. Ne pas y penser et encore moins se laisser aller. Il est loin. Elle est adulée. De retour à sa loge, une dizaines de bouquets recouvrent le plastique blanc de la tablette. Parmi les fards et les parfums une lettre fermée avec un cachet de cire. Mystérieux. Romantique. Elle ouvre, le cœur battant. Une invitation pour un dîner en tête à tête, ce soir.
Le restaurant est luxueux, drapé de velours sombres. De fins candélabres accueillent de longues bougies blanches. Les flammes valsent doucement. L’ambiance est feutrée. Un monsieur s’avance, une main gantée de noir tendue vers elle. Il est beau. Jeune. Elégant. Il la mène à une table reculée. Et la dévisage.
Les prunelles anthracite scrutent la jeune artiste qui se laisse dévorer. Il lui parle doucement, comme un murmure et lui annonce qu’il est là pour elle. Pour la mener à son sacre. Elle ne comprend pas tout de suite. Essaye de percer le mystère. Il insiste tendrement en lui promettant un avenir éternel. Une gloire de tous les instants. Sa voix est exceptionnelle. Sensuelle. A tire d’aile.
Elle ferme les yeux. Se laisse bercer par le son de ce timbre si particulier. Sa main rencontre la sienne. Elle s’abandonne. En pleine beauté, en pleine célébrité.
Son corps est retrouvé le soir même, sans vie et sans esprit. |
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Écrit par Nath
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04-10-2007 |
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On dit que je suis douce.
Dit-on que l’amour m’a transformée pour toi ?
On dit que je suis gourmande.
Dit-on que ma vie est un bonheur avec toi ?
On dit que je suis sensible.
Dit-on que le monde m’indiffère parfois, quand il est loin de toi ?
On dit que je suis colérique.
Dit-on que la lumière ne brille plus quand tu n’es pas là ?
On dit que je suis généreuse.
Dit-on que je m’efface sans toi ?
Mais dit-on que je t’aime, toi ?
Dit-on que je me fiche des qu’en dira-t-on ?
Dit-on que gronde en moi une tempête contre vous ?
Vous qui m’avez fait naître.
Vous qui avez fait de moi ce que je suis.
Vous qui m’aimez, peut-être mais c’est mon mal-être.
Vous qui ne me connaissez plus.
Mais m’avez-vous connu un jour ? Rien n’est dit.
Dit-on que ma guérison est un acte de foi, en toi ?
Dit-on que mon horizon se fait moins laid avec toi ?
Dit-on le regard que tu poses sur moi, quand mes yeux s’effondrent et se cachent ?
Dit-on l’amour que j’ai pour toi ?
Dit-on que je me fiche des qu’en dira-t-on ?
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Écrit par Nath
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28-09-2007 |
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Extrait 3
La chambre est vide et pourtant. Pourtant un léger sifflement, ronronnement se fait entendre. Comme il est curieux. Je cherche. Quatre pattes. Nez en l’air. Rien. Je fouine les narines au vent. Je m’esquinte le regard à vouloir percer le secret. Je déplace lit et carton. Lampe et néon. Je ne vois rien.
Et le sifflement, ronronnement se fait de plus en plus fort. Je m’agite. Gesticule. Remue bras et jambes. Pour rester, finalement, coi devant… un tout petit, minuscule, riquiqui moustique !
Alors commence la bataille. A qui cherchera et trouvera l’autre. Il est adroit. Je suis fragile. Grosse bête contre petite bestiole. Ah, mais ! J’arme ma petite menotte. Je serre bien les doigts et ma première leçon de tennis peut commencer. D’abord hésitante, je repère l’individu et fonce droit sur lui. Trop tard, l’astucieux personnage m’a vu venir de loin. Les murs sont blancs, ça devrait faciliter. Je reprends mon revers. Mon coup droit. Mon service. Pas de MacEnroe, je suis plutôt nulle. Pas de Boum-Boum non plus. Le combat semble gagné d’avance.
Et le sifflement, ronronnement se poursuit. Il me nargue. Mon œil avertit repère l’animal. Il est là, devant moi et mes mains loin d’être expertes. Posé bien tranquillement sur la façade lumineuse de ma chambre, il m’attend. Je m’approche. Tel un chasseur sur sa proie. Doucement. Et d’un coup sec, je pulvérise le saugrenu qui ose me déranger en pleine sieste ! Et toc !
Une tache rouge s’étale contre le mur. Mes doigts se tatouent en filigrane de ce qui fut des pattes, des ailes et enfin, un moustique. Je ne suis pas mécontente de mon geste perfide. L’après-midi promet désormais une douce quiétude. Je m’allonge, amorce ma descente vallonnée sur la route de mes rêves et voilà que… le sifflement, ronronnement se fait entendre à nouveau ! |
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Écrit par Nath
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26-09-2007 |
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Il se coula dans un bain pour réchauffer sa pauvre carcasse. Le choc fut électrique. Dynamite. Apocalyptique. Sur son corps froid et décharné, la vapeur s’étirait en volutes. Spectacle spectral. Jeux d’ombres et de mystères. Les yeux, presque révulsés à ce contact si brûlant, semblaient sortir de leurs orbites. Ternes et vides. Comme le reste de l’âme : livides.
Peu à peu, le brouillard bienfaisant l’enveloppait. Les muscles se détendaient. Les doigts plongeaient au cœur de l’onde pour s’y abandonner. La douceur naissait de ce cadavre qui prenait vie. Même son esprit flottait sur une masse floconneuse. Agréable.
Douces prairies s’étendaient en ses souvenirs éteints. Caresses de femmes aux désirs chauds et mouillés. Festins de volailles brunes. Coupes de vin français. Orgies. Des lys (ô délices !) lui effleuraient le dos. De petits nuages blancs, dociles, s’éparpillaient au dessus de sa tête. Supplice audacieux. L’Eden lui offrait son sein.
C’est ce moment, que la petite fille choisit pour entrer. Les yeux clos, il resta silencieux. Sans bruit, elle glissait sur le sol mouillé de brume. Ses longs cheveux blonds laissaient d’épaisses traces. Comme des pinceaux. Oripeaux. Presque défaits, sans peau. Son corps gracile jouait avec la vapeur. Cache-cache. Ses mains fendaient l’air vicié de la pièce.
Il sentit son cou se serrer. Le souffle lui manquer. La vérité ! Les yeux grands ouverts, il observait cette créature diaphane et mortelle lui ôter la vie. Un dernier regard, une pensée futile et ce fut le noir. Absolu. |
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Écrit par Nath
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22-09-2007 |
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Ma plume s’envole parfois et traverse quelques textes qui se cachent au fond de moi. En voici un extrait. Bonne lecture.
Extrait 1
« Je me tourne et me retourne. Sans cesse. Cent fois. Sans croire ce qui m’arrive. J’explose. J’explore. Ma tête s’emplit et se remplit. Délit. De bruit et de fureur. Führer ! Dictature incontrôlée.
Ces voix qui m’indiquent la voie. Ces millions de murmures qui m’imposent le mur. Je suis à ses pieds. Comme isolée. Comme perdue de vue. De toi. De moi. De tous. Sauve qui peut. Mes jambes à mon cou. Mon cou qui se perd au pied de ma tête. Je m’écroule.
Tout autour est si vide. Si froid. Le silence meuble l’effroi. Mais dans cette cage. Cette rage. Ce visage qui est le mien, les sons se font et se défont avec haine. Les parois de mon âme craquent. Les armes que je déploie me matraquent. Ces voix. Toujours et encore. Encore et souvent. Trop.
Qui sont ces gens qui s’ancrent en moi ? Quelles sont ses phrases qui s’encrent à mon cerveau déjà livide ?
Devenir sourde. C’est la solution. Seule issue. Pari amer. Paris, je me terre. Comment faire ?
Alors je saisi la lame. Lame de fond. Et mes doigts se crispent. Serrent et desserrent l’arme qui transpercera mon âme. Ça y est !
Tout se tait. Je suis repue de ce festin de voix. Délices de ce Calice muet. Je me monastère une dernière fois et laisse l’onde couler en mon sang. J’erre. L’Ether m’aspire et me tire. Je ne suis plus. »
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