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De l'Autre Coté du Miroir |
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Écrit par Nath
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15-10-2007 |
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La main s’empare des ciseaux et, sans trop savoir pour quelle raison, le geste reste comme suspendu. Le regard se voile légèrement. Brouillard de ces matins de glace. Emois. Tu n’es plus là. Ton souvenir, loin de s’esquiver, se fait plus vivace que jamais. Je me brise en mille et mord ce sceau qui nous unissait.
Devant le miroir, un visage qui s’interroge. La clepsydre serait-elle endormie ? L’instant se prolonge. Puis la minute bascule. Gêne. Méchante bulle.
Je revois ce client qui attend sa coupe. Une métamorphose. Cocon puis papillon. L’image me transporte inévitablement à cet instant, pourtant si fugitif, où je t’ai perdu. Tu étais là. Comme lui. Tu posais devant cette grande glace, chic et pure. Tes sourires, comme des moufles, m’entortillaient de tendresse. Mes ciseaux allaient et venaient sur tes cheveux aimés. Le roux de ta toison flottait près de l’acier de la lame. Lame de fond. Tu t’y es perdu.
En un éclair tu as sombré. Courbé en deux, la poitrine se soulevant avec fracas, tu es tombé, là, à mes pieds. Une seconde pour briser l’onde. Choc. Privé de ma Joconde. Les mèches éparses jonchaient le sol froid et sec. Un carreau se brisa sous les serres d’un corbeau. Ton corps, lui aussi beau, s’effondra à terre. Enterré dans la semaine. Le cauchemar ne faisait que commencer. Les adieux furent courts et bien trop lourds. Ma chair en garde la trace. Tu ne t’effaces. Le pieu s’est enfoncé profond. Forgeron. L’arme a frappé son Maître. La forge s’est tue. Tu n’étais plus là. Le feu a fait son œuvre.
Nous étions seuls au monde.
Deux hommes. Deux lames. Comme mes ciseaux, Te deum.
Je t’aime.
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