Mes textes
Scarecrow
Écrit par Nath   
18-12-2007
Il avait les yeux tristes. Un sourire figé. Très légèrement fissuré au coin des lèvres. Des joues sèches et un nez inexistant. Son teint paille lui donnait un air malade. Fragile. Un peu fade. Son regard chagrin regardait l’horizon. Des champs. Vastes étendues lisses et glabres d’un brun ténébreux. Une couleur chaude et envoûtante. Il est né en hiver.

Les pieds plantés  dans la terre, il goûtait l’air frais. Manteau humide. Echarpe enneigée. Bonnet pour pensées timides. Il admirait le temps qui passe. La glace ne lui rongeait pas les os. Vieux briscard. Au contraire, le froid lui piquait l’épiderme et laissait sur lui une couche lumineuse. Doux. Il était si doux. Les songes dans les nuages. Miroirs de ces champs asthmatiques. Plus un souffle. Dialogues sourds à ces vents qui murmuraient de vieilles chansons surannées.
 
 

Puis le temps a passé. Le printemps est arrivé. Il était toujours là. Solitaire. Un peu ermite. Un peu impaire. Et ne passe pas. Il aimait regarder ces changements. Les prés, à ces pieds, avaient poussés. Le maïs ondulait à la brise. Le vert tendre de ses épis encore naissant lui chatouillait les yeux. Spectacle dont il ne se lassait pas. Absorbé dans cet univers statique, il se fondait stalactite. Mémoire lymphatique. La douceur du temps s’évaporait sur ses frêles épaules. Il aimait être là, simplement, à écouter chanter les champs. Mélancolie.

Puis l’été fit mûrir les épis. Un beau jaune. Comme ces journées ardentes ou le ciel s’emmêlait avec le soleil. Il se cachait de la chaleur sous un grand chapeau de paille. Délicieuse oxygène insufflée par ces fleurs qui s’agrippaient à lui. Les mains caressaient les liserons imprudents. Pudeur. Candeur. Il aimait ce contact. Pétales. Constellations de bleus et de violets. Le mistral plus fort, parfois, s’ondulait sur les blés. Lui, épine dorsale immobile, s’abandonnait à la vie des saisons.

L’automne le cueillait serein. Une veste de velours autour. Seul atour. Les semelles attachées à ses jambes de bois. Il recevait les ors, les bruns, les rouges sur ces joues amaigries. Le cycle s’arrondissait à nouveau. Il était fier. Seul mais pas tout à fait. Les oiseaux se posaient en grappe. Ses épaules, ses mains, son veston, son chapeau. Langage codé. Cuicui paresseux mais envieux. Vieux bonhomme adulé, roi des prés. Corps empaillé.

Pour tous ces becs et toutes ces plumes, loin d’effrayer leur ballet, à tire d’ailes, tu as bercé leurs petits. Epouvantail. Cœur de paille. Au creux de tes cheveux en broussaille et de tes yeux corail, des nids douillets ont trouvé place. Tu resteras à jamais leur homme sweet home, jardin inconnu, gouvernail solide lié à leur bataille. 
 
Manuscrits
Écrit par Nath   
17-12-2007
Ça y est. L’engrenage est enclenché. Petites dents crantées qui s’imbriquent les unes dans les autres. Il me faut apprendre la patience. Stopper la course du temps. Secouer le sablier en tous sens. Mes mots se sont envolés. Evanescence.

Il y a eu ce premier virage : m’ouvrir à vous. Petit bout. Je me dissous. Livrer mes maux au jour le jour. Décrire mes pensées qui s’étouffent au creux de moi. Dévoiler le souffle de mon cœur qui se soumet.
 
 

Puis il y eu un second lacet. M’autoéditer. Ça n’a l’air de rien, comme ça. Mais c’est déjà bien ample. Comme un geste à peine ébauché qui s’arrondit sous la paume de ma main. Une bulle d’effroi. D’émois. De moi. Trois livres offerts à vos lectures. Abondance de feuilles noircies de mon encre pâle qui s’étale. Nuit d’opale.

Epingle à cheveux pour le dernier acte. Chirurgical. Le contact. Lettres qui s’envolent à la charge d’Hermès. Petites ailes qui se plument devant vous, éditeurs. Antre à proscrire. Peurs irraisonnées. Ancrez-moi dans vos maisons. Je me ferais lyre pour vous, carapace de tortue pour écailles au firmament.

Que reste-il de mes mots ? Confiés, esseulés, stigmatisés ?
La gloire ? Éphémère.
La victoire ? Une nouvelle ère.
Un prix ? Je ne suis pas conquise.
Une reconnaissance ? Je ne reste pas banquise.

D’autres pages, volages, se couvrent de suie, ivres de mes écrits. Studieuse, je continue chaque jour d’embellir ma vie de papier et de phrases. Et peut-être qu’un jour, sous un vent nouveau, mes lignes danseront sous vos regards. A bientôt.
 
Marie-Galante, carnet de vie
Écrit par Nath   
07-12-2007
Une idée de cadeau ? Un Noël sous le signe des tropiques et des alizés ? Un coin de soleil entre vos mains ?

Mon dernier né : un livre magnifique (assurément) illustré de superbes (il ne peut pas en être autrement) photos représentant l’île où j’ai vécu deux années : Marie-Galante. Je vous y raconte un peu l’histoire de cette île, les coutumes et ma vie là-bas. Un cadeau parfait. Que vous trouverez de ce côté. Ouvrir cet ouvrage (hors du commun) c’est sentir la caresse du sable blanc, le parfum des épices, la tiédeur de l’eau.
 
 

D’autres cadeaux splendides et magiques à offrir à vos proches ou à vous-même ?

Une envie de poèmes ? C’est par ici.
 
 

Un roman d’amour sombre mais néanmoins passionnant, à lire au coin du feu (ou sous la couette) en se laissant bercer par les mots, comme une musique envoûtante. C’est pas .
 
 

N’est-elle pas belle la vie ? Trois somptueux cadeaux à ne louper sous aucun prétexte. Comment ça j’en fais trop ? jamais ! 
 
Un p'tit frère !
Écrit par Nath   
23-11-2007

Non, non, non je ne suis pas enceinte. Deux charmantes jeunes filles, ça me va. Non, c’est plus simple que cela. Sur ma lancée, je m’auto-édite une fois de plus. Pendant ce temps-là, mon manuscrit s’envole vers les éditeurs (les vrais) et poursuit sa course folle. Je serais donc comme beaucoup d’entre vous : en attente d’une réponse. Mais en attendant cette réponse décisive, j’ai décidé de mettre ce roman en page afin d’y voir plus clair.

Voilà, voilà. Marie-Laure, ben oui encore toi, tu as ouvert une sacrée brèche et c’est ainsi que je deviens plus enhardie. Je m’expose au monde. Toujours le même petit pas pour vous mais un grand pas pour moi.

 


Dernier né, donc, un roman d’amour (que vous trouverez ici). Enfin, des amours tourmentées. On ne change pas sa plume comme cela ! Mes écrits sont, il est vrai, parfois un peu sombres… Une presqu’héroïne romantique, des lettres, une douleur et…  à vous de lire et de découvrir la fin.

Toujours autoédité chez TheBookEdition (concurrent de Lulu).

Pour ceux qui se lanceront dans l’aventure, euh la lecture, dites-moi ce que vous en pensez ! Et si un éditeur passe la porte de ce blog, qu’il n’hésite surtout pas à entrer et à me contacter

 
Noir c'est noir
Écrit par Nath   
20-11-2007

Noir, couleur du chocolat
Noir comme mes états d’âme, parfois
Noir, ciel d’encre et de suie
Noir, les pavés sous la pluie
Noir, la peau des femmes d’Afrique
Noir, les dessous du porno chic
Noir, les vêtements que je porte
Noir, ce trait de crayon qui illumine cette feuille
Noir, l’intérieur de mon cercueil

 

Noir comme la courbe de l’ombre qui te suit
Noir, l’enfance tourmentée d’une jeune fille en Asie
Noir, les guerres et les affrontements
Noir, le défilé de mes ans
Noir, le tronc de ce séquoia des pays lointain
Noir, les tréfonds de l’âme d’un écrivain
Noir, la frange de tes cils
Noir, les bombes qui explosent et parsèment la ville
Noir comme l’éther privé de sa lune
Noir, les dièses d’un piano qui résonne en amertume
Noir, les enfants dans les mines
Noir, le bourreau et sa guillotine
Noir, mes yeux qui broient mille colères
Noir, tes petits coussinets
Noir comme une excision profonde qui blesse
Noir, l’antre de Méphistophélès
Noir derrière la lumière
Noir, la crinière de ton cheval
Noir, la salle de cinéma
Noir, le magicien dans le cri d’abracadabra !
Noir, la chambre de mon appareil photo
Noir, les ailes du corbeau
Noir, ces lueurs dans ma tête
Noir, la note de musique
Noir, l’opposé du blanc
Blanc, le complément du noir
Noir, le drapeau
Qui parfois se noue au blanc
Noir et blanc, une histoire d’amour. 

 
Mes poèmes à lire
Écrit par Nath   
10-11-2007

Et bien voilà, j’ai sauté le pas, comme on dit. Comme je dis. Comme vous dites. Je n’osais pas. Peur, encore, douleur sourde mais qui s’ennuie. Mes mots sont faits pour voler, papillonner de mes pensées à votre cœur. Si l’âme vous en dit.

Idée soufflée, trace son chemin pour finir un matin dans un bouquin. Pas d’éditeur. Pas encore, pas tout de suite, champs de bataille à l’essai. Après on verra.

 


Mon propre éditeur, mes propres risques. Voilà. Petit recueil de mes poèmes. A vous de lire, à moi de vous écouter, maintenant, me raconter vos impressions.

Marie-Laure, tu as allumé la mèche, sans peut-être le savoir. Je me suis jetée sur la braise naissante, je vais maintenant m’enrubannée d’espoirs.

 
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