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Voici un livre un peu particulier. Raconter, tout au long de 246 pages, la douleur, la souffrance, l’atroce indicible : la mort de son enfant. Marie Darrieussecq a osé. Elle parle à la première personne du singulier. Evoque ces remous intérieurs, son mutisme face au choc, sa n on capacité à dire ou raconter et enfin sa « réinsertion » dans le monde des vivants.
Rien n’est plus douloureux que la perte de la chair de sa chair. Comment traduire cette amputation par des mots ? Etant moi-même maman de deux petites filles, je ne me crois pas capable de supporter une telle perte.
Le livre est long, lent, triste ascension, un peu comme toutes ses années où la maman de Tom recommence à sourire à ses deux enfants. Ceux qui restent. Le premier et la dernière. Pas celui du milieu. Pas Tom.
Les mots me manquent. C’est très bien écrits, c’est un mur qui se construit, brique par brique, c’est une infinie agonie pour cette femme, ce couple, cette famille qui s’enfonce puis grandit, finalement. Changement de ville et changement de voisins. Là-bas, personne ne connait Tom, ne sait qu’il a existé. Sa vie prend un autre tournant. Mais la douleur ne s’estompe. Un brouillard constant qui s’agglutine à elle. Des mots pour l’écrire.
C’est terriblement juste. L’âme va à l’essentiel. C’est terriblement injuste.
J’ai aimé, malgré la gravité du sujet. A vous de lire à présent ce récit tragique qui nous remue les tripes et les méninges.
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