Salon du livre, part 1
Écrit par Nath   
16-03-2008
Réveillée au petit matin. Quatre heures. La nuit se meurt doucement. Tourne en rond. Côté fatigue. Côté réveil. Agitée. Petit enfant, grand évènement. Je me coule contre lui. Tiédeur câline. L’I-phone carillonne. Il est temps. Dernière paresse. Puis la journée amorce sa course : enfants, chien, petit déjeuner.

Je me TGV enfin. Assise inconnue entre tous ces gens. Je m’étourdie de bruit. Instant rare pour ours qui préfère tanière. Isoloir. Petit sac à dos, livres, moleskine. Je plonge plume la première dans les mots. Voilà… l’épopée Salon du Livre commence. Deux heures. Secousse. Electricité. Quelqu’un à ma rescousse ? Lâchée au cœur de la foule, je croule. Ame solitaire qui se déploie. Ce n’est plus moi. Tes bras ! Mais je suis grande désormais. Vie parisienne oubliée. Métro. Boulot. Divorce idiot. Marie-Galante. Devenue ermite. La tiédeur du wagon me gagne, je me canevas de laine sur les sièges. Diluée. Fondue. Terrifiée.
 
 

Mon stylo s’empare du papier. Il me rassure. Contact presque adultère. Ça y est, la gare s’étire, élastique invisible qui mène ce train. Immeubles. Rails. Rennes s’éloigne. Visages absorbés. Ils sourient, lisent, écoutent do, ré, mi. Le ciel est bleu. Belle journée.
 
Dans ma besace quelques livres. Organisée, j’ai noté les heures des dédicaces. Des noms connus, des amis. Virtuels. Et le hasard des rencontres. Il y a quelques mois, je me lançais sur la toile. Araignée éperdue, j’ai jeté maux en pâture. Oreilles sensibles sont passées par chez moi. Doucement. Attirés par les mots. J’ai découvert leur univers à chacun. Leur monde. Leur vie presque entière. Je veux leur rendre visite. Transformer le virtuel en réel. Je pense à ces absents que je ne rencontrerai pas : Marie-Laure, Kiki, Bridget… j’aurais tant aimé. Une autre fois. Peut-être. Pardonnez-moi.
 
 

Ça mouche. Ça parle. Ça bouche cousue. Dehors, les champs succèdent au béton. Paysage étiré, ensoleillé, aimé. Par le temps de voir les bêtes nous regarder passer. Il est déjà trop tard. La peau noire de mon carnet entre mes mains, fil ténu qui me relie à toi. Toi qui reste sagement. Qui m’offre cette journée. Toi qui t’efface le temps de quelques heures pour quelques lignes. A lire. A écrire. A rencontrer.
 
Seconde après seconde je me cocon de moi. Enracinée dans mes pensées je devine les regards blafards. Là, une vieille femme qui mots croisés. Ici un jeune homme écouteurs vissés sur les oreilles. Plus loin un ado qui ronfles. Au détour d’un fauteuil, mi homme mi-femme corps androgyne. A mes côtés, journal qui se développe. En face, jeune fille timide. Remue-ménage : contrôleurs qui défilent. Les billets se montrent. Se déplient. Se poinçonnent. Casquette et costume gris. L’apparence est rigide. Le sourire austère. Les mots identiques. Clic. Clac. La machine avale les trous en continu. Train-train quotidien pour ces cravates pourpres.

Montparnasse approche…

Demain, la suite de mes aventures au salon du livre… patience.
 
 
Commentaires (1)Add Comment
...
Ecrit par Marie-Laure, 17 mars 2008
Une autre fois, promis smilies/smiley.gif

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