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Écrit par Nath
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14-12-2007 |
Chassé croisé. Encagée c’est mieux ainsi. Derrière les barreaux je m’isocèle de vous. Toi, moi, nous. Prison d’acier, c’est assez. Je ne peux respirer. Univers glacé. C’est glamour. Robe à fleur et lacets dans le dos. Menottes aux poignets. Enlacée. Entravée. Amputée de vous. Les yeux rivés sur les clous. Je m’enfonce tout en dessous. Rais de lumière : clair obscur je n’y vois goutte. Goutte à goutte mon sang qui coule. S’écoule et roucoule. Acier contre mes lèvres. Je suis anesthésiée de vous.
Je crie. O rage ! Orage de mon corps. Anticorps, geôle aux lueurs d’abandon. La nuit caresse mon infinie beauté. Escarcelle de braise au fond de mon regard qui parcourt ce mitard. Il est tard. Lune apostrophée mais vite oubliée. Dents pointues. Ivoire qui s’ignore. La langue aux arrêts je hurle de désespoir. Je perce la nuit. Glaive qui déchire. Ire qui s’enivre. Loup garou. Empoisonnée de l’intérieur. Mes veines s’enflent de toi, moi, nous. Étincelle de malheur je ne suis plus qu’une ombre.
Mais déjà le matin se lève. Aurore clémente. Aube livide, je m’impie devant vous. Affaissée au sol je bois la lie qui me renie. Lasse de mes désespoirs murmurés, Artémis m’abolie pour la prochaine haine. Pleine de toi, de moi, de nous. Louanges mortelles, pour dépouille si belle. Je m’oublie, ainsi va ma poésie.
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Écrit par Nath
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13-12-2007 |
Très Cher Père Noël,
Cela faisait bien longtemps que je ne t’avais rien demandé. Pas de hotte remplie à mon intention, pas de cadeaux attendus, aucune prétention. Un long passage à vide m’a tenu écarté de toi. D’ailleurs, je dois l’avouer, je ne crois plus en toi depuis tant d’années !
Les fêtes de Noël sont devenues pour moi synonymes de profusion, abandon, du grand n’importe quoi à l’horizon. Clochards dehors (à mon époque, on ne disait pas SDF). Sapin débordant de mille merveilles pour un seul bout de chou qui se satisfera des papiers d’emballage. Réunions de famille ennuyeuses et perverses. Mon cœur s’est blottie contre la glace et je me suis goinfrée la bûche à moi toute seule. Vilaine !
Mais le temps est passé. L’eau a coulé. Mon âme s’est endeuillée. Puis a ressuscité. Coup du sort ou baguette magique ? Je barre à tribord. Cap sur mes filles. Ma vie se fait nouvelle. Mon cœur bat pour cette famille composée. Alors…
Alors cette année, je truffes en chocolat, je sapin de Noël, je foie gras maison, je m’emmitoufle de bonheur car nous passons les fêtes ensemble. Elles, toi, moi. Dans un chalet, dans les Pyrénées, dans notre cœur chaud devant la cheminée. Image d’Epinal. Neige et bonnet. Luge et guirlandes.
Je décide, pour un temps, de croire en toi. Je t’imagine venant du Pôle Nord accompagné de tes fidèles rennes, zigzaguant dans le ciel poudré de neige, la hotte emplie de cadeaux et de lutins pour t’aider à tout distribuer.
Et je t’écris. Pour demander, moi aussi, des présents.
Je voudrais, Cher Père Noël, la fin des guerres dans le monde. Un havre de paix autour des femmes et des enfants qui souffrent. Des écoles et des jeux pour ces minots qui croulent sous le travail : mines, jouets, tricots, tapin… les peines sont dures pour ces jeunes qui ne vieilliront pas.
Je voudrais des sourires, des fantaisies, des souvenirs heureux. Des maladies mortes. Des vieillards entourés. Des handicapés courant le marathon. Des pays affamés qui mangent à leur faim. Des femmes qui crient leur plaisir et des gays que l’on ne montre pas du doigt.
Je voudrais écrire, encore et encore. Photographier toujours et toujours. Cuisiner pour vous. Perdre 30 kilos et avoir de longs cheveux. Je voudrais que mes yeux soient verts, que nous trouvions cette maison qui sera notre cocon, que la vie soit simple. Ça, Père Noël, c’était mon côté « femme fatale ».
Je voudrais un câlin de toi, Océane. Un bisou de toi, Marie. Tout l’amour du ciel et des étoiles de toi, mon z’homme. Mon p’tit Lu. Mon Luc. Toi qui signifie « lumière ».
Voilà, Cher Père Noël, mes désidératas pour cette année. Je n’ai pas toujours été sage, je crois que je ne le serai jamais mais j’ai été sincère.
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Écrit par Nath
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12-12-2007 |
Assise là, écran qui scintille ou feuille blanche que je noircie peu à peu, il y a toujours un morceau de chocolat qui traîne sur ma table. Carrés noirs ou lait. Blanc ou meringue. Nougatine ou fèves. Accro. A crocs perdus. Accrocs sucré de la journée. Souvenir de petite fille. Grappille. Mordille. Impression qui fond en bouche. Stalactites qui dégoulinent le long de mes lèvres. Rêve chocolaté. Péché mignon. Sensations. Emotions. Je ne peux m’en passer.
Pourtant, il le faudrait.
Mais tout m’attire en lui : sa couleur noisette, son parfum discret, sa texture lisse, son goût parfois léger parfois fort. Un délice des sens. Sans interdit je dis « oui ». Je glisse l’éclat sur ma langue, sanctuaire qui se profane en délices soumis. Je plonge dans les ondes du plaisir. Liquide chaud qui coule. Ce n’est pas sexuel mais presque. Douce euphorie. Accalmie de mes soucis.
Je le déguste tranquillement. Loin de tout regard. Je ne le partage en aucun cas. Plaisir personnel. Un onanisme gourmand ! Réel plaisir pour un éphémère instant.
Et quand le froid se fait piquant, quand le brouillard embue mes pensées, ce chocolat se fait chaud. Mousse. Parfois épices. Les après-midi ternis, il se fait gâteau. Mignardises. Neige ou crème. Bref, un enchantement minute après minute.
Saurez-vous m’avouer cette gourmandise ? Ou peut-être en avez-vous d’autres…
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Partir un jour... puis revenir |
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Écrit par Nath
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06-12-2007 |
Je me suis évadée de cette prison. De cette maison. De ce poison. 18 ans. Bel âge pour prendre mes jambes loin de tout et courir loin, très loin, si loin. Des idées de liberté, une envie de fuir, une impression de glue qui me colle à la peau. M’arracher, me propulser, nager dans le fleuve de la vie. Abolir mes entraves, briser mes chaînes, je ne suis plus une esclave. Dire « non ». M’interdire ce « oui » qui affiche un sourire discret. Prolonger la négation. Elle me va si bien.
Les yeux plein d’étoiles j’affronte l’existence. Elle n’est pas si moche. Pas d’anicroche. Je m’approche petit à petit de ce nid. Les conseils mauvais résonnent à mon cœur. Mes rancœurs glissent sur les parois de mes émois. Je crie à perdre voix. Mes pleurs se perdent au creux de mes mains. Je savoure ma jeunesse et son gouffre. Mon corps, faculté époustouflante à ne graver aucune ride. Apprendre les doutes et les erreurs. Les joies et les fous rires. Je ploie sous cette énergie à revendre.
Ainsi se déroulent les jours, les semaines, les mois. Délices. Puis supplice. Enfin sacrifice. Le bleu du ciel se fait anthracite. Le feu se fait glace. L’amour se fait vain. Il faut partir. Abandonner cet espoir vivace mais brisé.
Revenir. La tête si basse qu’elle s’enfouie dans le sol. Affronter les « je te l’avais dit » moqueurs. Endosser les colères et les persiflages. Panser en secret la blessure infligée. 20 ans. Bel âge pour recommencer sa vie.
On ne m’a jamais pardonné ce geste. Désir de vivre. Soupirs d’être.
Je me suis trompée mais ma vie a commencé ce jour. Encore. Nouvelle née dans ce monde différent et si semblable. A zéro, on repart le cœur meurtri mais leçon apprise. Je me suis mausolée pour veiller à mon intégrité. Oublier ces mots qui tuent et regarder de l’autre côté, ce chemin qui s’offrait à moi.
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Écrit par Nath
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05-12-2007 |
C’est à chaque épluchage, le même rituel. Dents jeunes et encore un peu pointues qui dévorent la peau. Sensation amère, acide, peau à l’envers. Telle une Cro-Magnon, ses crocs mordent les chairs déjà tuméfiées de la pauvre clémentine. Puis ce sont ses mains. Encore petites et encore un peu potelées qui attaquent le fruit avec hargne. L’index fouille avec énergie les minuscules coussinets orange et translucides.
A ce stade, l’agrume saigne déjà, goute après goute. Souffrance de ses veines éclatées, de son jus renversé, de ses filaments déchiquetés. Ma fille est une sauvage !
Impossible d’ôter la peau de ce pauvre fruit sans l’abîmer, le martyriser, le massacrer. La vengeance aveugle ne s’arrête pas là. Les morceaux ne sont ni séparés délicatement, ni mangés avec goût. Non, oh non. Tout est ingéré avec gloutonnerie, moitié par moitié. Les dents creusent dans les chairs déjà meurtries, d’immenses cratères. Ça désaltère. Ça lacère. Quel caractère !
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Écrit par Nath
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04-12-2007 |
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Elle a la peau noire comme charbon, diamant qui sommeil en dessous. Yeux qui brillent en dessus. Cheveux de suie et corps de panthère. Souple et svelte. Musclé et tout en beauté. Mais elle cache. Dissimule. Se refuge sous des survêtements trop grands, t-shirts vieux couverts de peinture, baskets d’homme.
Un bijou orne son cou. Cicatrice Grand Canyon qui parcoure son buste. De la gorge au ventre. Traînée de poudre, souvenir d’hier. Enfer. Destin amer. Liquide qui dévale la courbe de ta trachée. Suicide non autorisé. Raté. Ammoniaque englué. Histoire d’un autre temps, une autre vie, c’est Vatican. Pour guérir de ce viol, elle a plongé. Christ, oublie-moi ! Mains jointes pour prières au Ciel. Messes pour abstinence. Prêtre pour absoudre ce péché non mignon.
Elle a souffert, mon amie. Elle a craint les hommes, mon amie. Elle est sauvée, mon amie. Je l’aime. Générosité extrême. Sourire avenant. Regard doux parfois dur. Courant d’air, elle défie le temps. Elle ne s’offre plus. Garde en elle ses vérités et ses démons non oubliés. Confidences autour d’une bière. Remontant de ses journées à trop penser.
Une petite fille. Pour elle, pour lui. Puis il est parti. La petite fille est restée. Son amie stérile ? Une petite fille en cadeau, pour celle qui ne peut transmettre vie. Ventre qui se donne, ne se loue, se noue par plaisir. Son amie heureuse et maman. Ame sensible ne pas s’abstenir, elle est comme ça, mon amie : libre et noble. Panthère encore. Elle ne s’empreinte nulle part. Nulle trace. Nul avenir. Elle va où le vent la pousse. Fille des îles. Elle s’aliène à la métropole pour fuir. Alien devant ces autres qui ne la comprennent pas. Un coup femme, un coup homme. Sexualité contrariée et assumée. Elle n’est confuse mais se consume de tant de vies à vivre.
Mon amie, panthère noire qui s’échappe à chaque corde qui se lie trop à elle. Elle ne s’attache, jamais. Mais son cœur se tâche de sang, parfois. Souffle fragile qu’il faut aimer, doucement, en silence, à l’abri des confidences.
Pour toi, Joëlle. |
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