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Après une vie sous les tropiques, après un soleil ardent en chaque circonstance, voici le froid revenu. Et avec lui… une magnifique angine ! Comme il est agréable de ne plus pouvoir avaler de travers ! Comme il est doux d’être alité une bonne partie de la nuit journée ! Comme je suis emplie de joie haine à l’idée de courir à l’école, faire les courses et accessoirement me reposer !
Et me voici, donc, rongée par un froid polaire, frappant avec une douceur extrême ce pauvre clavier qui se noie sous mes mitaines. Mi-coton, mi-laine comme dirait Mylène Farmer. Tant pis pour moi, pas de balades sur la plage pour calmer mes maux de gorge.
Et je pense à vous. Oui, vous ! Je me demande, encore, ce que ces mots plantés au hasard vous révèleront. Je ne sais pas bien. Ni comment, ni pourquoi. Tout ce que je peux affirmer c’est que ce journal est neuf. La première page n’est plus tout à fait blanche, la seconde se noircit peu à peu de mille mots qui s’entrechoquent les uns aux autres. Comme un manège, les pages tournent sur elles-mêmes, tantôt vierges. Tantôt encrées.
Coulent les lignes, sur un vieux tube des Simple Minds, Mandela Day. Un peu de rythme dans ma tête. Un peu de swing à l’orée de mes pavillons. Je me sens moins seule. J’imagine vos yeux parcourant, étonnés peut-être, ces quelques phrases.
La nuit s’annonce vide et bien trop longue. Je vous laisse à mon ennui.
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