Une vision trouble. Mes yeux voilés derrière un masque. Transparente. Amnésique parfois devant la colère du Monde. Je préfère m’enfuir. Détourner le regard et ausculter les fleurs, les arbres et les nuages. Portée par les airs, je démissionne un peu. Lundi, mardi, mercredi, jeudi, vendredi, samedi, dimanche. Autant de jours qui s’effacent comme les aiguilles du temps qui lasse.
Ce soir je suis rayon de soleil pâle. Après la pluie, un reste de vent frais. Je m’égare loin des autres. Fenêtres closent. Apôtre discrète d’une vie en suspend. Impatiente aussi. Comme ces secondes qui défilent. Clavier qui tisse. Grosse pomme au bout de mes doigts. S’agitent digitales déformées par le secret. L’angoisse. Le bonheur aussi. L’envie de Toi.
Le corps en maladie. Fièvre blanche pour ton corps qui s’abandonne à mes envies. Lubies. Caresses vierges sur ta peau douce. Shuttttttttt !
Une vision trouble. Imparfaite. Endeuillée de ta présence lointaine. Une heure tout au plus, mes bras autour de Toi. Emois. Et Nous. Je me diaphane en fantôme étrange. Forme fluide féminine qui perle du granit. Tombeau maison. L’éther me cueille au crépuscule, femme pressée d’être à tes côtés. Aimés.
Des rides profondes s’ensillonnent sur mon visage. Est-ce illusion ? Perfide course du temps qui s’efface. Ma fraîcheur s’en est allée. Vers quels Enfers ?
A l’aube de mes quarante ans, je me chiffonne l’âme de ces marques qui se parchemin sur ma peau. Coquetterie ?
Toutes ces joues roses et lisses autour de moi. Ces mains fermes et ces corps frêles. Nostalgie ?
Je me surprends à vouloir pactiser avec Lui. Lui, Méphistophélès, légende de l’éternelle jeunesse. Je me croyais à cent lieues de ces signes extérieurs de vieillesse. Et pourtant non. Caprice de femme ?
Ces clichés de moi, rares, me renvoient mes vingt ans comme un boomerang. Je me souvenir de cette femme non contaminée par les orages et les foudres. Machine à remonter le temps. Mais rester la même. Une âme de 40 dans un corps de 20. Est-ce possible ?
Journée chargée de travail. Nuages de poussières. Nuit charbon sur les murs de la maison. Le granit se déguise de sable. Tout est sale, crasse, irrespirable. Pur bonheur.
Pur bonheur car demain, après quelques couches de ciment sur le sol, un tapis duveteux et les meubles à leur place, je retrouverai mon home sweet home.
Souvenir souvenir à ce titre si doux, en voici d’ailleurs le chant qui a bercé mon enfance.
Comment ressentirla vie ? Suis-je vivante ou chair amarante ? Morte ou bien debout sur le pas de ma porte ? Comment ressentir la fin ? Suis-je en sommeil ou en réveil ? L’âme en déroute entre le Paradis et l’Enfer, quel chemin prendre, choisir de me rendre ?
Paradoxe de la lune au soleil. De la nuit au jour. Du bien et du mal. Le cœur, balancier un peu rouillé dans son coffre de bois vermoulu. Je m’interroge. Les doigts sur ce clavier, le blues comme bouclier.
Comment s’épanouir à la vie ? Suis-je heureuse ou malheureuse ? Le bonheur au bout de mes lèvres qui se meurent ? Comment prolonger la fin ? Suis-je fantôme ou être d’atomes ? Maison de granit ou cercueil de fer futur prétérit ?
Paradoxe de moi ou toi. Du blond ou du roux. Du sourire ou des larmes. Le cœur, balancier un peu fané dans son coffre de marbre brisé. Je m’interroge. Les doigts sur ce clavier, le blues comme mélodie aimée.
Pour ceux qui ces derniers mois vivaient sur une autre planète... voici la ravissante Lady Gaga.
Admirez... derrière la Lady, une voix. Derrière la Gaga, une artiste. Oubliez : le côté électro de sa chanson, les paillettes, la boite à rythme. Laissez-vous porter par son timbre de voix.