| Vertige |
| Écrit par Nath | |
| 17-07-2008 | |
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Vertige de la page blanche. Elle me tend la main, tente de m’apprivoiser, tendance amie/amie. Mais voilà, je ne suis plus réceptive. Fini. Envolée sur mes nuages. Partie vers d’autres ailleurs. Je rêve plutôt. Cigales et oliviers qui bruissent. Terrasse ombragée et salade de tomates bien mûres. Mer étincelante avec diamants qui dansent. Visage tourné vers le ciel qui m’éblouit. Blanc cassé. Souillé. Plus d’affinité. Exit. Alors le vertige s’empare de moi. A nouveau. Je reviens. Penaude. Affolée de mon infidélité à cette feuille déserte. Qui m’appelle. Et me crie. M’agrippe de ses mots à me confier. Je tends l’oreille. Ecoute. Ce murmure, cette douce mélodie qui coule en moi. Mes doigts qui s’agitent là sur le clavier. Cassé. Souillé. Plus d’affinité. Aéroport. Partir loin. Fuir et suspendre mon cœur vers d’autres paysages. Infinis. Alchimie. Corps en quête de soleil et âme en devenir. Survole de la mer, des champs, des montagnes. Muter en cendres et m’éterniser au-delà des airs. Le Sud contre l’Amérique. Pourquoi pas ? Espaces libres, solitude au milieu de cette foule compacte. Je m’abandonne. Il fait chaud. Il fait trop de pas qui se pressent, il fait lac glacé et ranchs perdu. Idéal. Me perdre et m’oublier. Comptine oubliée, hush-a-bye et tout va bien. Les mains alourdies de chaînes. Je traîne et me couche, blême. Palm trees, quelques brasses dans la piscine, Montana silencieux. Artères bouchées pour un Broadway assourdissant, je m’éclipse, petite française perdue. Ruelles noires, mes sandales s’essoufflent, un cab attend ma chute. Les yeux rivés sur le rear view mirror, je m’endors sous California Dreamings. Exil. Retour à la case départ. Bretagne ancestrale et vieilles pierres qui moussent. L’écran scintille et le curseur se débat. Un mot après l’autre. Les Mamas & Papas jouent encore pour moi, je suis vivante. Loin de LA et de la Grosse Pomme, perdue entre Santa Fe et San Francisco, mon horse se transforme en chaise roulante. Mes doigts ne caressent plus l’échine aimée mais ce clavier qui me lie et me délie à mes délires. Où suis-je ?
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Vu: 101 Commentaires (3)
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Par Marie-Laure, 21 juillet 2008
Tu es probablement un peu là, un peu ailleurs... En tout cas tes interrogations nous entraînent dans de biens jolies envolées qui devraient te permettre de noircir des dizaines de pages blanches...
... Par Jonavin, 13 août 2008
Superbe!...J'adore ce que tu écris, il y a beaucoup de sensibilité en toi, il me semble. C'est tout à fait ça le vertige de la page blanche...
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