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(petite) lettre à mon amoureux |
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Écrit par Nath
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14-02-2008 |
Mon Amour, Cœur de mon corps, Tendre Capucin de mes nuits douces, je te souhaite une très belle journée. Comme tous les matins pénombres. Comme tous les jours de ma vie. Comme toutes les soirées de l’ombre.
Un besoin impérieux de te dire « je t’aime ». Crier au monde le bonheur d’être à tes côtés. Rassurée. Choyée. Me faire mots quand tu soignes mes maux. Me faire délicate quand tu es en moi. Me faire plume quand on se Saint Valentin de partout autour.
Ne pas trop en dire, tout de même. Laisser planer ce mystère. Ces moments d’intime. Ces instants rares. Ces secondes insouciantes où je m’oublie près de toi. Révéler le vrai, le beau, le toi qui est en moi. Ton âme si belle qui se tisse à la mienne. Ton corps si doux qui se lie à ma peau. Ton sourire si chaud qui réchauffe mon cœur. Meurtri. Mais que tu panses chaque jour.
Non, ne pas dire tous ces gestes simples qui soignent ma vie. Réparent mes peines. Recousent mes peurs. Alimentent mes bonheurs. Enfouir un peu plus ton amour au creux du mien. Laisser transparaître l’étincelle. Unique. Qui brille pour moi. Seule. Bougie envoutante. Intimidante. Sans raison apparente. Il faut chercher le secret.
Ne bouge plus. Reste là. Oui, là. Ferme les yeux. Au creux de ton oreille attentive, je dépose un « Je t’aime ». Murmure infini que tu garderas dans tes nuits.
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Écrit par Nath
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08-02-2008 |
Vendredi. Dernier jour d’école. Dernière journée de travail. Le week-end s’annonce calme et ensoleillé. Je devine déjà la compote de pommes qui fera notre dessert. Et les bons petits plats qui l’accompagneront. Moments conviviaux et de partage. Les filles seront là, à jouer et faire quelques devoirs. Détente absolue. Les horaires seront plus souples, les draps plus chauds par une grasse matinée bien méritée.
Mais il est une obligation à respecter : pas de courses ni de ménage !!! Hors de question !
Pendant que les Carrefour et autre Auchan se rempliront de caddies effrénés, pendant que Leroy Merlin et autre Castorama feront le plein de gens pressés, nous resterons chez nous. A jouer. Cuisiner. Ou boire un chocolat chaud après une promenade glacée. Une ville à découvrir près de chez nous. Des photographies. Un spectacle. Un salon. Un week-end à Paris. Que sais-je ?
Mais il est une obligation à respecter : pas de contraintes ni de papiers à remplir !!! Hors de question !
Nous cultivons peut-être une différence utopique. Nous dressons peut-être un portrait maladif de ces cohues qui nous entourent. Nous décidons peut-être de vivre autrement. Pourquoi pas ? Le choix s’impose à nous. A vous. Les diktats de la vie moderne m’ennuient. Et les magasins aussi.
Profiter de ma famille sans avoir à me disperser dans une foule compacte m’emplit de tranquillité. Ne pas courir. Ni souffrir. Ne pas subir. Maître mot de cette vie trop souvent speedée et mâchée par une consommation éperdue. Surtout les week-ends. Alors…
Alors nous nous blottissons l’un contre l’autre. Nous sourions à nos filles. Et nous préservons notre unité intacte. C’est peu. Mais c’est beaucoup pour nous.
Bon week-end à vous tous !
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Écrit par Nath
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31-01-2008 |
C’est une expérience interdite. Un mur à ne pas franchir. Un regard qui se cache derrière soi. On se détend, doucement. Le corps s’attache d’une main, de l’autre se détache. Un bracelet de ballons de toutes les couleurs emporte au loin les colères, les haines et les mensonges. Une plongée en soi révèle des portes closes et des points d’interrogation.
Assise sur le fauteuil rouge, au beau milieu d’un bureau froid, je me suis endormie. Hypnotisée. Une voix douce qui s’immisce et s’insinue. Des ordres donnés avec délicatesse, presque tendresse. Quelle ivresse ! Les sons nous guident et se font longs ou courts. Sensations étranges.
Quand le voyage est terminé, les yeux s’ouvrent. La tête tourne un peu. Les mains se font plomb. La réalité reprend le dessus. Je suis sans dessus-dessous. Inversée, univers à l’envers, déboussolée. Je suis calme, heureuse, étonnée d’avoir réalisé là un exploit, un geste, un pas vers moi. Pour me retrouver, partir à ma rencontre, ne plus ignorer qui je suis.
J’ai choisi cette voix pour me chercher et savoir qui j’étais. Périple long et tortueux. Subconscient en délire qui prend le large sur mon conscient. Je n’avais jamais vu les choses de cette manière. 1ère séance, 1ère étude. Rendez-vous dans une quinzaine de jours pour travailler, encore et encore. Apprendre, comprendre, ne plus prétendre. Diriger les rênes de ma vie, ne plus fuir, aller de l’avant.
Anecdote spatiale, science fiction, malaise intersidéral. Je ne sais pas. Je suis venue quémander de l’aide en moi. Saurais-je la trouver ?
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Écrit par Nath
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30-01-2008 |
“Les sanglots longs des violons de l’automne blessent mon cœur d’une langueur monotone…”
Non, je ne vous informe pas d’un second débarquement en Normandie, ces vers de Verlaine me viennent spontanément quand le temps pleure. Et ce matin, le ciel a du chagrin. Il s’épanche, sans relâche. Ses yeux sont gris, sombres comme une matinée d’hiver. Ses joues sont humides et froides comme une nuit sans sommeil.
Il pleut. Et je ne peux offrir à ce ciel un mouchoir digne de ce nom. Dentelles ou bien coton. Je suis à l’abandon. Amère confusion. La terre s’imbibe de tristesse pour ne laisser à mes pieds que boue et fange sale. Mes pas glissent et se perdent au-delà des mots et des pages blanches. Il me faut affronter cette peine immense qui se déverse. Cœur à la dérive, je regarde mes chaussures se colorer de noir, s’imprégner d’eau et enfin transpercer ma peau. Fardeau. Les éclaboussures me réveillent.
Mon silence s’évapore face au grain qui n’en finit pas d’inonder mon cœur, je me sens souveraine d’un coup. Un immense cri surpasse ma bouche et balaye le néant. Je suis seule et je hurle au vent. Le vide aspire ma voix qui se noue aux nuages bas. Ça fait du bien. Les poumons désormais vides, je peux continuer ma journée, mon destin, je suis dépossédée. De mes angoisses de mes peurs de mes nerfs qui se jouent pelote. Me voici fauvette devant l’infini de l’éther qui cesse de se répandre. Malheur à celui qui m’aime. Je suis anathème. Sortilège blème.
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Le petit carnet à bonheurs |
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Écrit par Nath
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29-01-2008 |
Mon z’homme est exceptionnel. Bon, ça, vous le saviez déjà. Mon z’homme est heureux de vivre et ça, vous ne le saviez peut-être pas. Un optimiste. Avec une pessimiste. Le verre d’eau à moitié plein et celui à moitié vide. On s’attire, deux aimants, deux amants sinon rien. Il a, parfois, des petites idées toutes bêtes qui font de la vie un plaisir de chaque instant.
Un petit carnet. Pas n’importe lequel, un petit carnet à bonheurs. Inscrire, tous les jours, nos joies, grandes ou petites. Nos moments de grâce ou de bien-être. Nos instants de plaisir.
Cueillir la fleur des champs qui est si jolie. Admirer ce coucher de soleil sur mes montagnes. Déguster ce pain à la croûte si dorée. Sentir sa main dans la mienne. Rencontrer le sourire des filles le matin au réveil. S’enlacer pour un câlin tendre. Caresser tendrement ma douce Milka. Découvrir un film attendu avec impatience. S’aimer…
Toutes les secondes sont les bienvenues. Si elles sont heureuses. C’est le principe du petit carnet à bonheurs. Chaque jour la liste s’allonge et au bout d’une semaine, d’un mois, d’une année, contempler ces mots qui reflètent nos joies, se rappeler que la vie est belle, finalement, qu’elle est parsemée de douceur et de chaleur.
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Écrit par Nath
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25-01-2008 |
L’horloge tourne. C’est le début d’un cycle. La fin d’une seconde. Une minute naît. Qui fera le tour du cadran. Tic tac. J’entends le temps qui file. Qui s’ensorcelle à son destin. Embruns qui éclaboussent. Vague qui se trémousse. Je me courrouce.
Il est venu le moment de s’escamper loin d’ici. Admettre que je me suis perdue. Et ne plus rebrousser chemin. Garder tête haute, découvrir de nouveaux paysages, fouler le sol, antidote. Fuir le poison qui s’écoule en moi. Laisser mes veines s’épancher. Enigme salutaire. Qui suis-je ? Je me gypse sous la réponse : flocon de vapeur qui s’évanouit. Poussière je redeviens. Je ne suis plus que fumée. Sans feu. Sans Dieu. Sans eux.
Poétesse en berne je me délabre de larmes. Et je doute. Je m’icône pour la seconde énigme. Où vais-je ? Portée par un nuage de pluie, je dérive à l’infinie. Cendres nues. Rose des vents emportée, brisée, cachée. La flèche ne marque plus le nord. Le Jourdain, fleuve qui engendre, est trop loin de mes pas. Je m’enfonce et oublie.
Dans ce néant je tourne et contourne les soucis. Evanescence futile qui se demande troisième énigme. Pourquoi suis-je ? Naïvement je suis livrée à vos griffes. Sans logique je suis une contrefaçon. Ni pour vous, ni pour moi. Absente. Vide et froide. Transparente. Avide et mascarade. Je ne sais plus bien pourquoi je suis ni qui je suis ni où je fuis.
Je ferme les yeux. Eglise toute entière vouée à mes vœux, je me cocon de soie. Là, sous les vitraux colorés, je me fais puzzle. Louange ! Ciboire maudit je bois et m’effondre. Morte à tes pieds. Epines sur ma têtes je me consume de honte. Les caveaux m’accueillent pour une dernière éternité. J’ouvre alors les yeux sur cette horloge qui tourne. Tic tac. C’est le début d’un cycle. La fin d’une seconde. Une autre moi qui naît.
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