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Écrit par Nath
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05-05-2008 |
C’est une odeur de feu de bois qui m’accueille le matin. La cheminée de briques rouges trône au milieu de la pièce à vivre. Cuisine, salon, tout est confondu. Campagne. Convivialité. Je m’y sens bien.
Souvenirs de la veille. Feu de bois pour pantalon humide. Promenade dans les bois sous feuilles qui gouttent. Avalanches de pluie, corps confit de froid, transi d’idées neuves. Retour maison douceur. Flammes qui dansent pour sécher, conforter, aimer. Entre ses bras je me détends, entre ses bûches je trouve mon équilibre.
Souvenirs d’avant-hier. Entre grillades et rires amis. Nous étions six autour de la table de chêne. Odeur alléchante. Tiédeur réconfortante. Après-midi ardente. Quel plaisir ! La viande crépite sur les braises. C’est rouge et ça grille. C’est insoutenable de salive pour papilles qui perdent patience.
Souvenirs de soirée chaude autour de brindilles accueillantes. Je me laisse bercer contre mon z’homme qui s’étire doucement autour de moi. Canapé et couette pour froides nuitée qui s’annonce. Un chocolat chaud entre nos mains glacées, nous savourons l’ambiance feu.
Souvenirs à venir. Encore et encore. Toujours plus d’émotions. D’attente. De saucisse ou de pantalon qui plisse. Ce n’est pas supplice. Plaisir rare de regarder le bois se consumer. Les flammes valser sans complexe. Sentir cette chaleur particulière.
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Écrit par Nath
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30-04-2008 |
La pluie est là. Elle tambourine. Se fait goutte. Bulle d’eau qui flotte en l’air. Suspension aérienne. Flic floc. Sur les carreaux de ma fenêtre, elle dévale la surface. Lisse. Grands cils qui s’agitent pour chasser le liquide.
La plaine s’égrène sous mes pas. Flaque de boue qui s’immisce en dessous. Je suis mouillée. Mais pas noyée. Pas de pitié. Je suis la croix qui se dresse. Haut sur la colline. Je suis l’envoûtement de cette ombre qui me colle. Gypse intemporel, le ciel se fendille. Limonade, boule d’angoisse qui me perce. Today, j’ai l’âme à vide, le cœur à l’agonie, le corps amphibie.
Je détache mes idées. Les laissent naviguer vers l’éther délavé, dernière tentation du cri. Du fond de mes asiles blêmes, la bête en moi se réveille. Hurlement de peur. Je m’effondre. Soleil où es-tu ?
Printemps perdu. Astre qui se désastre. Où suis-je ? Regard éperdu vers ce « chemin du bonheur ». Une tâche noire. Une autre blanche. Cornes. Sabots. Troupeau qui se cache derrière le grain. Fin. Humide. Pas tout à fait éteint. Je me fais souffle. M’évapore. Ailleurs. Loin. Palmiers. Marie-Galante. Rêve étriqué. Je connais déjà l’issue de l’île : un destin de suie malgré le sun éclatant. Tant pis. Retour home sweet home.
Coin de ciel bleu à l’horizon. Un espoir ? Je me calme. Sunshine in the palm of my hand. I feel good.
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Écrit par Nath
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25-04-2008 |
Réveil douceur ce matin. Le soleil caresse timidement les rideaux de ma chambre. Première aube entre ces pierres anciennes et ces habitants nouveaux. Entre les draps je frissonne de plaisir. Contre mon z’homme je suis heureuse. Chez nous.
Entre poussières et bazar, le petite déjeuner se boit avec papotant. Instants privilégiés. Trois têtes endormies se chocolat et café de plaisir. Croissants chauds pour fêter morning pyjama. On se sent bien. A peine 8 heures et déjà nos amis bricoleurs débarquent. Echanges. Partage. Libre mélange.
Puis c’est le temps des cartons. On déballe. On range. On s’étale.
Mes pensées vagabondent aux quatre coins de ma nouvelle campagne. Des ruisseaux. Des forêts. Des balades. Des champignons. La mer. Pas loin. Tout proche. Comme elle me manque ! Photos en perspective. Images passion. Clichés plaisir.
Petit miam au cœur du village. Lieu de tous les échanges. Bar-restaurant tenu par Tony. Un anglais ancré là depuis quelques temps. Bavardages. Frites maison. C’est tout bon. P’tit dessert pour papilles affamées. On y retourne. Cartons. Maison. C’est pas fini.
Ce soir on sera « morts ». Fourbus par ces gestes saccadés ou lents. Ces particules empreintes de plâtre et de sueur. Douche chaude. Repos canapé. Gros dodo.
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Écrit par Nath
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24-04-2008 |
94 mètres. C’est la longue de mon chemin. Oui. Mon chemin. Parce que ma nouvelle maison a un jardin. Tout petit. Parce que ce jardin. Tout petit se termine par un chemin. Le chemin du bonheur ainsi baptisé par mon z’homme. Il a peut-être raison. Bordé de hauts arbres d’un côté, de noisetiers de l’autres et de larges champs il s’ouvre sur un sourire. Le mien. Et le sien. Et celui de la petite qui s’encanaille à courir après les papillons. Il fait beau. Il fait chaud. Il fait nous dans notre tendre demeure.
A l’intérieur tout est cassé. Briques. Plâtre. Gravas. Bois fendu et échardes piquantes. Rouleaux de peinture. Pinceaux épars. La couleur habille les murs. Tout est de guingois. C’est ainsi. Dans notre nouvelle demeure. Elle porte sur ses épaules les caprices du temps. Les poutres sont encore droites. Les murs de pierre chantent mélodies surannées. Elle ne s’écroule pas. Au contraire. Elle nous raconte les ans et les histoires d’autrefois.
Energie nouvelle à casser pour mieux reconstruire. Ça prendra du temps. Des rides. Des sourires. Des heures de fatigue et de contentement. Enfin chez nous. Nos murs. Notre potager. Notre verger. Un ballon, une balançoire, un tas de sable, la mer non loin et… et notre chemin. Le chemin du bonheur.
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Écrit par Nath
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18-04-2008 |
Elle est là. Cachée, lovée, presque oubliée. Sous la pile de couvertures. Chaudes. Duvet protecteur. La boite mystère. Fer pour abriter trésors. Enfouis sous des années de poussières. On ne l’ouvre jamais. Trop de pensées s’en échappent. Mais parfois, on se tentation velours pour années blessées.
Un œil puis deux. Le couvercle cède. C’est le noir total. Totale redécouverte. Box à malices et chansons surannées. Dans la tête ça chantonne et fredonne. P’tit air scopitone. Photo découpée par des ciseaux maladroits. Idole de jeunesse. Dee Snider. Maquillage bleu pour chevelure blonde. Homme androgyne. Sourire. Stylo plume encre turquoise. Ecriture de fille. Pas de rond sur le s »i ». Juste un point c’est tout. Poème recopié. Poème inventé. Rimbaud côtoie Verlaine et Baudelaire entre deux vers perso. Image jaunie, bords abîmés comme mes souvenirs de ce grand-père presque inconnu. Petite blondinette assise genoux. C’est doux et étrange. Son alliance se balance aujourd’hui au bout de ma chaîne. J’aurais aimé savoir sa vie. Voyageur du bout du monde. Entreprise Afrique. Grand-mère paternelle à ses basques mais pas aux miennes. Sang-froid. Vipère. Venin. Jolie femme pourtant, reflet de Simone Signoret dans « casque d’or ». Elle est belle. Mais glacée comme ce papier.
Plume noire. Boucle d’oreille qui pendait autrefois. Epingles à nourrice. Plantées dans mes oreilles. Aussi. Bracelet clouté. Bas déchiré au poignet. Mini-jupe et ceinture barbelés. Protection faible. Khôl et sourire enfantin. Je n’avais que 18 ans. Si jeune. Là, un cliché de chapeau vert et jaune. Ste Catherine. Champagne travail offert par les collègues. Période terne. A raturer. Tracer crayon anthracite sur souvenirs pénibles.
Bracelet plastique. Papier rose en dedans. Prénom : Marie. Mon enfant. Bébé Marie. Mèches blondes coupées pour la premières fois. Tresse. Mes lèvres s’amusent. Elle a grandit ma fille ! Puis second bracelet. Jolie rousse Océane. « Nounou » pour papa et maman attendris. Surnom bête. Océanou-nou. Nounou, nous est restée ! Tout comme Pinpin de Perlimpinpin ! Affublée de pseudos idiots mais affectueux.
Un bracelet en argent de toi. Gourmette qui ne brille plus. L’éclat est parti depuis longtemps. Autre vie. Ah, encore une photo. Cooky. Fidèle Labrador noir disparu trop tôt. Larmes qui coulent. C’est inévitable. Trop plein d ‘amour pour cette bête à poils.
Les trophées s’enfilent comme un collier de perles. Un à un. Pas totalement oubliés de leur sens. Pas encore. Je referme la boite pour ne plus voir. C’est suffisant. Séance thérapie en deuil. Je m’éloigne de ma vie antérieure. Souffrances. A dévoiler plus tard. Continuer à déballer cartons et ustensiles divers. Cœur d’hiver. Il fait froid d’un coup.
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Écrit par Nath
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11-04-2008 |
Je tombe, nuit sans fond, lune au repos. Sommeil agité sur corps endormi. Je ne sais plus qui je suis. Sous mes ténèbres je contemple un orage. Pluie. Brume. C’est fini. Le plafond du soir s’écroule sur mon armure. Emmurée à vos baisers épines je m’échappe. Folle en filature. Rature. Ecorchure.
Un long manteau de soie m’agrippe et me retient. A ce sapin je suis enchaînée. Maudites vérités. Je m’évapore à vos questions. Non. Je ne suis pas comme cela. Ni comme cet autre là. Je suis au-delà. Ailleurs. Un cœur en hiver. Loin de l’agitation. Enigmatique pour ce cirque. Pantins qui m’agrippent. Evangélisation de mes pensées. Ecocide. Me voici désœuvrée.
Les mots ne franchiront pas ma bouche. Elle restera cousue de fil noir. Pourquoi me chiner de la sorte ? Mutisme profond. Je touche le fond.
Regard au hasard, hagard. Sueur qui dégouline en rivière d’argent. Joues trempées de pleurs. Je me réveille. Songe qui plante en mon jardin tulipes grises. Je jardine une fois éveillée. Sème et récolte. Bulbes laineux de froid. Je n’aime pas cultiver. La moisson se naufrage, je suis coquillage. Fermée au monde. Je m’inonde en triste Joconde. Anti-faconde.
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