Humeur
Maman
Écrit par Nath   
12-10-2007

Sa petite main dans la mienne, je la console d’un gros chagrin. De petites larmes, comme des perles, coulent le long de ses joues. C’est insoutenable. Ses beaux yeux verts se troublent. Une buée se forme à l’orée de ses cils, comme un collier de gypse fin. Une onde de tristesse me submerge. Je n’aime pas la voir souffrir. Je la prends sur mes genoux. La berce tendrement. Mots doux soufflés dans son cou. Comme un souffle du mois d’août. Tout flou.

 

Océane 


Elle se calme. Mais la douleur est là et ne s’estompe que partiellement. Petite églantine, bulle de Colombine, chanson enfantine. Tu me perces le cœur. Je sens tes sanglots inonder mon âme. Mes mains caressent tes cheveux. Ton visage se niche au creux de moi.

Maman.

Tantôt joute de tous les instants. Tantôt câlins au présent. Ne jamais faillir, heureusement, papa est là. Il veille. Sur l’enfant, sur maman.

La peur s’enfuit, la peine s’éloigne. Elle se détend et son corps se détache du mien. Elle va mieux. Elle est de nouveau prête à bondir, à sauter, à s’éparpiller de tous côtés. Sourire. La voilà qui court vers son ours en peluche. Qui touche à tout ce qu’elle trouve sur mon bureau. Qui s’impatiente à me voir derrière mon écran.

Ma mission est passée, dépassée. La page est tournée. Jusqu’aux prochains pleurs. Alors je serais là, fidèle à mon poste. Maman tendresse. 

 
A la recherche de la confiance perdue
Écrit par Nath   
11-10-2007

Suite au dernier billet publié sur le blog d’Elisabeth Robert, je m’introspecte. Du plus profond de moi. Et je me pose cette question, toute bête : qu’est-ce que la confiance en soi ? Je m’aperçois que cela ne tient qu’à un fil. Un tout petit fil suspendu au dessus de ma tête, en permanence.

De mon enfance j’ai gardé des « t’es nulle », t’y arriveras jamais », « ce n’est pas un métier » assénés avec rage et mépris.
De mon adolescence je me souviens de ces « pourquoi faire ? », « mais non, ça c’est mieux », « fais ça, tu n’as pas le choix » répétés maintes fois.
De mon âge adulte il pleut encore des « c’est du n’importe quoi »,  « tu n’as pas de talent », « ce que tu fais est inutile » argumentés avec la ferme intention de me dégoûter.

 

Vitrail 


Et qui me veut autant de bien ? Ma chère mère principalement, ma famille, des gens biens…

Ecrire. Ecrire ne sert à rien. Devenir écrivain ? C’est un rêve fou donné à une élite. Des gens doués. Mais, mettre des mots sur mes peines, mes souffrances, ma vie, c’est beau ? Inutile. Voilà ce que pensent ma seule et unique famille.

Alors je sombre dans le néant. Je m’engouffre au fond de mes abîmes pour ne plus voir la lumière. Je m’agglutine à cette glue qui me retient prisonnière de mes ténèbres. Et je ne bouge pas. J’écris. Car comme disait Nathalie Rheims dans son « journal intime », « lorsque je n’écris pas, il ne m’arrive rien ». Je m’abolie si je n’écris. Pas un mot, une rime ou une prose qui ne soit à moi, en moi, pour moi. Un fragile instant où le monde qui m’entoure disparaît et où tout un autre monde apparaît, là, sous mes doigts. Profession de foi. La feuille blanche accueille mes écueils pour mieux m’apprivoiser. Lumière dans ces ténèbres. Elle brille, scintille et resplendit pour m’offrir une histoire qui n’appartiendra qu’à moi.

Et puis il y a mon Z’Homme. Lui et ses grands yeux saphir qui se noient en moi. Qui me repêchent de mes puits sans fonds. Qui m’accordent crédit et envie. Qui aiment ma plume et mon désir de coucher sur le papier mes pensées secrètes. Il est là. Près de moi. A l’écoute et critique parfois. Jamais effacé, jamais dans l’ombre. Il me soutient, me retient, m’aime du mieux qu’il peut. Je lui dois mes instants de pur bonheur, mes soirs bleutés et mes journées de plaisir. Il est mon Mur des Lamentations. Je m’épanche pour qu’il me relève. Jamais indemne.

De cet amour naît mille rêveries et mille envies. Pourquoi pas ? Sauter le pas ? Montrer aux yeux du monde que mes mots existent. Ne plus se contenter de garder mes phrases enfouies au fond d’un tiroir poussiéreux. Enfin affronter la vie.

Je me balance entre ce jeu de marelle bien cruel : avancer ou reculer ? Qui gagnera son pari sur Ma vie ?

Ma confiance s’en est allée un beau jour d’hiver alors que je n’étais qu’une enfant. Je cours après depuis tout ce temps. Cache-cache dans un labyrinthe de suie où je me perds. Alors, quand la fuite est trop puissante, je regarde les étoiles dans le ciel et j’aperçois un tapis de saphirs. Tu veilles sur moi. 
 
My Bugs Life
Écrit par Nath   
10-10-2007

Je m’insurge ! Oui, comme ça, un matin au lever du soleil.
Il fait un froid de canard, le brouillard tapisse les champs alentours, les arbres sont recouverts d’une très fine pellicule d’eau et… ce matin sur un des murs de ma maison, j’ai trouvé… un moustique !!! Non mais ! Vous vous rendez compte, un moustique à cette température !

Je sais, ça parait un peu exagéré. Mais que je vous explique : à Marie-Galante, d’où je viens, je pestais régulièrement contre ces vampires sans foi ni loi qui nous suçaient régulièrement le sang. Vermine qui n’a d’autre but que de nous empoisonner la vie et les veines. Produits chimiques, bombes nauséabondes, moustiquaire, rien n’y faisait. Ces bestioles sournoises rentraient partout sans demander la moindre permission et nous aspiraient copieusement. Une goutte de sang au petit matin ? Un dernier verre ce soir ?

 

 


Bref, un incontournable fléau. Je suppose que Mandor, toi qui a vécu en Guyane, ne me contredira pas ; c’est insupportable. Oh, je vous rassure, notre peau s’y fait. Après avoir été couverte d’énormes pustules les deux premiers mois. Après s’être gratté au sang à chaque seconde. Après avoir voulu éradiquer toute l’espèce de cette maudite planète… ma pauvre peau, tendre et douce n’est-ce pas ?, s’est habituée. Mais pas à cette démangeaison perpétuelle. Argh !

Alors comprenez ma colère contre cette immonde petite bête à longues pates velues et à la trompe aiguisée… Moins véloce qu’à Marie-Galante, le moustique, intolérable, a fini sa vie écrasé entre ma main et le mur blanc de mon bureau. Le pôvre direz-vous. Mais non ! Il n’a eu que ce qu’il méritait.

Si vous avez eu, vous aussi, une expérience malheureuse avec ces satanés moustiques, racontez-moi ça !
 

 
Ma Pluie
Écrit par Nath   
02-10-2007

Il pleut sur ma campagne. J’ai l’âme qui prend l’eau. Qui dégouline de pleurs. Je suis naufragée de mon bateau. Qui coule. S’abandonne. Ne combat plus les flots. L’averse se déverse. Je suis à la renverse. Sous mon poids s’écroule ma vie. Elle qui ne m’a jamais sourit. Elle s’enfuit. Alors je laisse l’onde me parcourir. L’amer m’ensevelir.

Coquille vide, je dérive. Mes liens se sont détachés. Mon corps flotte au gré des courants. Atmosphériques. Ombre symbolique. Ce matin, je me philosophique. Mes membres décousus, je perçois les fils de mon eau qui s’arrachent de mes os. Je suis blessée. Peut-être. Une certitude. Je ne voulais pas naître.

 

 


Alors il me faut disparaître. Pour ne plus être. Couper ces filaments qui s’enlacent encore à ce monde. Imprécis et enfiévré.

Je ne suis plus
Qu’une vaine âme superflue
Une veine qui s’entrouvre
Au néant de mes absolus 
 
La Maladie d Amour
Écrit par Nath   
27-09-2007

En hommage à toutes ces filles pro-ana, anorexiques, qui défrayent trop souvent les chroniques. Maladie pernicieuse et vicieuse qui ronge ces demoiselles d’un dilemme affreux. J’ai écris ces quelques lignes suite à un article publié sur « les pensées d’une ronde » qui pousse un énorme « coup de gueule » suite à une nouvelle pub pour Beneton (je vous laisse le soin d'y chercher les photos en question). Hors-sujet je crois. Le photographe se permet de choquer pour attirer l’attention. Mais pas celle des filles malades qui se voient toujours un poil trop grosses. L’attention est là mais pour nous, qui regardons ce corps décharné et ces yeux bouffis de fatigue. Si les anges pouvaient se pencher sur elles, sans ailes, qui se meurent en se privant de nourriture… à toutes ces filles perdues :

« Mes yeux s’emplissaient de délices. Là, devant moi, un étal entier de pâtisseries jouait avec mes papilles. Je ne savais quoi choisir. Des rondeurs de chocolat. De la mousse de fraise. Des volutes de caramel. Tout était parfait. Les choux jonglaient avec la crème. Les biscuits croulaient sous le poids des fruits. Exquis. Sens emmitouflés de désirs.  Bulles de parfums qui s’évaporaient  dans la pièce. J’étais seule et je dégustais du regard ces gourmandises.

Ma main se tendit, presque animée d’une mesquine envie pour saisir une simple meringue aux formes ondoyantes. Je croquais l’œuf défendu. Quelle jouissance ! Ces petites miettes s’écrasaient mollement sur ma langue. Mes papilles n’en pouvaient plus d’émois. Yeux clos. Lèvres trop occupées à mâcher le moindre brin de sucre.

Abandon.

Châtiment corporel. Un jet puissant qui sort de ma bouche pour rejoindre la froide cuvette de mes toilettes. Je suis vidée de toute substance illicite. Le péché n’est plus, je ne suis plus corrompue. Le Mal s’est ôté de moi à grande vitesse. Pas de traces de graisse.

 

 


J’interroge mon miroir du bout de mes cils. Et je compte mes bourrelets qui s’accumulent. Combien de temps encore pour perdre ce superflu ? Mon âme se sentira-t-elle enfin apaisée ? Devant ce spectacle dégoulinant de gras, je me retourne, offusquée et écœurée. Trop faible pour m’apercevoir que le poids de mes os, SOS, ne fait pas vraiment bouger la petite aiguille de ma balance. Je suis si lasse. Si fragile, je m’élimine doucement.

J’entends le sol craquer derrière moi. Ce ne sont que mes pas qui résonnent. Je ne suis plus qu’un souffle, une étoile qui rejoindra bientôt son firmament. Maman, aide-moi ! » 
 
Une Vie Simple Finalement
Écrit par Nath   
25-09-2007

Matin shopping. C’est d’un ennui ! Mais heureusement la longue route qui me sépare des magasins est longue (tout est relatif, hein !).

Le ciel, ce matin, parsemait son bleu pâle sur la campagne. Quelle est belle cette campagne ! L’air y était presque translucide, comme une aigue-marine. Les champs de terre fraîchement labourés côtoyaient de tendres brins d’herbe. Une fine gelée poudrait encore près de la rivière, avec une légère brume qui s’élevait. Volutes vite dissipées. Quelques champs de maïs qui attendaient d’être coupés. Et un ou deux tracteurs. Pas de vaches, trop tôt.

 

 


Puis ce fut la longue et interminable corvée. Je vous passe les détails. A mon retour, les vaches broutaient tranquillement, loin des courses qu’il fallait bien rangées !

Ouf, tout est fini, je retrouve mon clavier et mon bureau presque inondé de soleil. De ma fenêtre, j’aperçois un petit pommier dont les fruits sont à maturité. Hum… de la confiture ou une tarte en vue, miam !

Je pense à mon Homme. Le travail, toujours le travail. L’argent est une piètre consolation. Le bonheur est avec lui. La vie nous a appris l’essentiel. Pas de carrière. Pas de concours. Pas d’horaires. Nous, tout simplement. Et je mesure ma chance d’être là, assise derrière mon écran ou penchée sur ma feuille, à raconter des histoires. Et je mesure ma liberté quand l’envie me prend de partir faire des photos.

Loin des turpitudes de la vie, des aléas bruyants et des ragots de zinc, je suis là, tranquille, la plume à la main. Parfois la vie me semble simple. 

 
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