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Écrit par Nath
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21-01-2008 |
Voilà deux semaines maintenant que les vacances sont terminées. Le quotidien reprend ses droits. Avec un brin de fantaisie car il ne faut pas se laisser aller. Les heures s’écoulent ni plus lentement ni plus vite que l’année précédente. C’est un fait. Finalement les choses ou les gens ne changent pas tant que cela d’une année à l’autre. C’est une évolution lente, tremblante, un peu agonisante.
Résolutions. Oublie. La fin d’une révolution. En 2007 je ferai ça et ça. Puis en 2008 j’irai là et là. En 2009, promis j’arrête ça et ça aussi. Croyez-vous vraiment à ces promesses non tenues ? Parce que moi, j’en ai des tonnes, chaque année. Et bien sûr, je m’y tiens une semaine puis j’arrête. Alors depuis 3 ans déjà, je ne fais plus de promesses. Enfin plus au Nouvel An. Les résolutions, au panier. Et je me sens beaucoup mieux sans ses obligations.
Je continue mon bonhomme de chemin. Cahin-caha. Ni bon ni mauvais. La route n’est ni tracée ni désignée. Elle ébauche son chemin à chacun de mes pas. C’est un choix. Pas une loi. Sous ma peine le chemin se creuse, ruisseau de sang qui s’infiltre contre larmes de suie qui s’invitent. En moi. Douleurs contre bonheurs. Je regarde ma vie se tordre derrière moi, rétroviseur atrophié de rires. Parfois.
J’avance seconde après seconde, certains de mes émois qui se lassent. Et s’enlacent. Lianes qui m’attirent au sol. Je me relève toujours, moitié mutilée moitié lacérée. Poupée de chiffon au goût d’essence qui s’évapore. Marionnette aux ficelles brisées, je ne recule jamais. Regard sur le noir et pas en avant, je suis déterminée à me laissée conduire. J’affronte silencieuse l’éternité qui s’offre.
PS : si vous voulez vraiment prendre de bonnes résolutions, allez voir ici. Cliquer sur les 4 carrés et lisez votre résolution pour 2008 ! |
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Écrit par Nath
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15-01-2008 |
Je m’arrache à ce temps qui file, en aiguille, je suis indocile. L’impatience est ma nature. Et ce soir, je suis en rage. Enragée de t’attendre. Toi qui ne viens pas. Qui fuis. Qui est loin de moi. Offense sans limite, je m’atrophie. Une aile en moins, c’est ainsi.
Rendez-vous qui se prolonge. Je ronge ma haine. Une soirée livide, vide, Enéides. Virgile tu me condamnes. Pour un soir sans toi, je me coule béton armé. Tuer ces gens qui te kidnappent. Circoncise épouse qui se meurt. Fauteuil nu devant mes yeux. Etreinte refusée. Je suis lasse de ces heures qui s’échappent. Fumée cent feux m’empoisonnent.
JE TE VEUX !
Cadran enlacé à ma litanie, je m’exécute, ennui profond. Equilibre savant je m’endors et tu t’évapores. Les étoiles ne brillent déjà plus. La lune parsème ses plaintes sur la voûte céleste. Cigüe bonheur en moi. J’oublie mon interruption involontaire de câlins. Je coule rivière d’argent, rêves emmêlés.
Œil cyclope au bout de la nuit, dans mes limbes je t’aperçois, tu es là, à demi-pénombre. Toute sourire, toute réveillée, toute Shakespeare, je te respire, enfin. Les mots affluent les baisers naissent les bras s’ouvrent d’un coup pour câlin. Magicien. Minutes mortes, envolées, mon corps à corps se grise de ta peau. Châtelaine en ta demeure, portion-demie devenue pleine-portion, je m’attache à tes lèvres. Douceur.
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Écrit par Nath
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09-01-2008 |
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J’ouvre les yeux sur toi. Dans la pénombre, tes yeux sont clos et ta barbe naissante. Ma main se pose doucement sur tes joues. Surtout. Premier rendez-vous. Le jour pointe son museau derrière nos persiennes. Le calme est là, posé comme une plume sur nos oreillers. Ta respiration se saccade un peu, tu bouges et enfin, un premier regard. Tendre.
Un sourire esquissé. Un battement de cil comme deux ailes de papillon. Tes bras qui m’enlacent. Mes matins sont doux comme de la soie. Nous deux couchés, tressés, icône blessée. Nos bouches se joignent pour un premier baiser. Un premier bonjour. Bouquet d’âmes entrecroisées.
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Écrit par Nath
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08-01-2008 |
Vous savez quoi ? Je viens de faire du pain et la maison embaume d’une odeur… à tomber ! J’ai failli me brûler en sortant cette jolie miche du four mais quel parfum, hum ! Ce soir, pour me consoler d’une journée à ne presque pas écrire, je me tartinerai un peu de beurre et de miel sur une belle tranche moelleuse. Bon, je vous vois saliver derrière votre écran, ne bavez pas, votre clavier n’est pas amphibie.
Tout ceci me laisse tout de même rêveuse. Cette odeur, certain d’entre vous me direz : « c’est celle qu’il y avait chez mes grands-parents, que de souvenirs ! ». Que j’aimerais vous croire ! Partager vos souvenirs d’enfance. Car du plus loin que je me souvienne, je n’ai pas de souvenirs de ce genre. Pas de marrons au coin du feu. Ni de fauteuil doucement balancé près de la table familiale. Et encore moins de grands-parents à l’ancienne. Non. Et je le déplore.
Comment faire pour fabriquer ces souvenirs fantômes ?
Mes grands-parents étaient des gens lisses, aussi lisses qu’un caillou sur le bord de la plage. Je ne perçois pas leurs sentiments, ni leurs câlins, ni leurs embrassades. Il ne me reste que des après-midis ennuyeux, des vacances à lire retirée dans ma chambre, des samedis ou dimanches à déjeuner sans entrain.
Mon cœur d’enfant aurait-il occulté le meilleur ? Mon cœur d’adulte aurait-il effacé les regrets ? Je ne sais pas. Alors j’écoute les autres. J’écoute mon z’homme me raconter sa mémé, son grand-père, son enfance dans le Périgord Noir. Presque tombé dans un chaudron de foie gras. Quelle chance ! J’aperçois des étincelles dans ses yeux quand il évoque la campagne, les forêts, les promenades. Mais surtout : de vieilles histoires qui se racontent le soir à la veillée. Les draps de lin et la bassinoire qui réchauffe. Les conserves sur les étagères. Les vacances aux mille couleurs ou travaux de ferme.
Cela pique ma curiosité. Je cherche, trifouille, bataille mais ne trouve toujours rien. Rien qui corresponde à ces récits d’enfant émerveillé. A ces années de bonheur. Je retouche le fil de mes pensées pour créer des clichés mais ils restent dans leur chambre noire. Muets.
J’espère un jour mais pas maintenant, vivre de tels moments. Enlacer les enfants de mes enfants avec tendresse et leur apprendre ma vie, celle de leur papa, notre ville, notre campagne, nos livres, notre cinéma, ma photographie, nos univers. Dessiner avec eux des fillettes à fleurs, danser dans le grenier en se déguisant d’affaires oubliées dans une vieille malle, monter à cheval par delà les chemins où l’on trouve des truffes les jours de chance, les photographier et voler leurs instants précieux, chanter des berceuses inventées, écrire des histories de princes et de princesse. Leur raconter combien j’aime leur grand-père et leurs parents. Leur parler de ce jour de pluie où j’ai fondue en larmes chaudes. Leur conter Marie-Galante et son eau turquoise qui brille sous les alizés. Leur montrer que je l’es aime du fond du cœur et que je suis là, pour eux.
Mais peut-être suis-je un peu trop exigente, utopiste, rêveuse ? Inventer des souvenirs que je n’ai jamais connus. Paver ma route de cailloux moins lisses, de sable qui colle et de mer qui vibre. Après tout, peu importe mon passé, pourvu que l’avenir s’enrubanne de mon bonheur.
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Écrit par Nath
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07-01-2008 |
Me voici de retour, sous la pluie, près de vous. Les vacances ne sont plus que des souvenirs. Des boules de neige qui fondent dans mon cou, des étoiles qui brillent dans les yeux des enfants la nuit de Noël, un confit de canard fondant partagé entre amis et un repos bien mérité.
La nouvelle année m’apporte déjà son lot de tristesse, de bonheur, de questions, de réponses floues. La vie ne suspend pas son vol, elle ondule comme un serpent au gré des vents et des émotions. Sentiments bafoués qui s’enfuient, complicité achevée, maman oubliée. Je me sens seule.
Malgré les illuminations qui rayonnent encore, les cadeaux tous chauds, les ventres remplis, je reste là, immobile à regarder le passé. L’avenir ne m’éclaire pas encore de sa douce lumière tamisée.
Je finis cette note par une photo gaie, lumineuse, empreinte de joie. Pour vous.
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Écrit par Nath
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19-12-2007 |
Je suis le soir et le jour. L’espoir et le détour que je prends pour m’enfuir. Loin de toi. Mains gantées qui me poursuivent. Pourchassent. Pour quoi ?
M’évader de nos disputes. Chamailles qui se défilent. Filtre de nos émotions. Trop fortes, angoissée à en mourir. De pleurs. Coups de gueule, coup d’étoile philanthe. Dard empoisonné qui se décoche. Guêpe qui se pique. Adversaire droit devant.
On s’oublie. Toi et moi. L’amour à terre, vague sentiment. Le sang coule à flot. Flèche vers ton cœur qui s’emporte. Portes qui se ferment. Je suis ce curare qui s’empare de tes émois. Tout se gâche je m’entache de venins. Sirènes au chant d’ébène. Je suis vaine. Claustrophobie. En moi, en toi, en nous c’est fini. Je pars et je claque le pas.
Haine fugitive. Le sens de ma vie s’interdit. Je suis harpie. Courroux sans fin qui t’enlise à la douleur. Je suis massacre pour ce jeu entre nous. Boule qui déboule, quilles qui s’écroulent.
Quant vient le noir, poupée de plastique, je sombre. Entre tes bras, cadabra. Je suis sorcière naufragée, abandonnée à ton âme qui m’appelle et me guide. Lumière douce. Réchauffement de ma planète. Poème ancien qui se déclame à mes pieds. Sentinelle calme et sereine tu m’éblouis de candeur. Mon cœur ne se chamade plus, il tremblote bleu comme tes yeux. Saphirs qui m’attirent pour un baiser sans fin.
Je suis le soir et le jour. L’espoir et le détour que je prends pour nous unir.
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