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Écrit par Nath
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08-01-2008 |
Vous savez quoi ? Je viens de faire du pain et la maison embaume d’une odeur… à tomber ! J’ai failli me brûler en sortant cette jolie miche du four mais quel parfum, hum ! Ce soir, pour me consoler d’une journée à ne presque pas écrire, je me tartinerai un peu de beurre et de miel sur une belle tranche moelleuse. Bon, je vous vois saliver derrière votre écran, ne bavez pas, votre clavier n’est pas amphibie.
Tout ceci me laisse tout de même rêveuse. Cette odeur, certain d’entre vous me direz : « c’est celle qu’il y avait chez mes grands-parents, que de souvenirs ! ». Que j’aimerais vous croire ! Partager vos souvenirs d’enfance. Car du plus loin que je me souvienne, je n’ai pas de souvenirs de ce genre. Pas de marrons au coin du feu. Ni de fauteuil doucement balancé près de la table familiale. Et encore moins de grands-parents à l’ancienne. Non. Et je le déplore.
Comment faire pour fabriquer ces souvenirs fantômes ?
Mes grands-parents étaient des gens lisses, aussi lisses qu’un caillou sur le bord de la plage. Je ne perçois pas leurs sentiments, ni leurs câlins, ni leurs embrassades. Il ne me reste que des après-midis ennuyeux, des vacances à lire retirée dans ma chambre, des samedis ou dimanches à déjeuner sans entrain.
Mon cœur d’enfant aurait-il occulté le meilleur ? Mon cœur d’adulte aurait-il effacé les regrets ? Je ne sais pas. Alors j’écoute les autres. J’écoute mon z’homme me raconter sa mémé, son grand-père, son enfance dans le Périgord Noir. Presque tombé dans un chaudron de foie gras. Quelle chance ! J’aperçois des étincelles dans ses yeux quand il évoque la campagne, les forêts, les promenades. Mais surtout : de vieilles histoires qui se racontent le soir à la veillée. Les draps de lin et la bassinoire qui réchauffe. Les conserves sur les étagères. Les vacances aux mille couleurs ou travaux de ferme.
Cela pique ma curiosité. Je cherche, trifouille, bataille mais ne trouve toujours rien. Rien qui corresponde à ces récits d’enfant émerveillé. A ces années de bonheur. Je retouche le fil de mes pensées pour créer des clichés mais ils restent dans leur chambre noire. Muets.
J’espère un jour mais pas maintenant, vivre de tels moments. Enlacer les enfants de mes enfants avec tendresse et leur apprendre ma vie, celle de leur papa, notre ville, notre campagne, nos livres, notre cinéma, ma photographie, nos univers. Dessiner avec eux des fillettes à fleurs, danser dans le grenier en se déguisant d’affaires oubliées dans une vieille malle, monter à cheval par delà les chemins où l’on trouve des truffes les jours de chance, les photographier et voler leurs instants précieux, chanter des berceuses inventées, écrire des histories de princes et de princesse. Leur raconter combien j’aime leur grand-père et leurs parents. Leur parler de ce jour de pluie où j’ai fondue en larmes chaudes. Leur conter Marie-Galante et son eau turquoise qui brille sous les alizés. Leur montrer que je l’es aime du fond du cœur et que je suis là, pour eux.
Mais peut-être suis-je un peu trop exigente, utopiste, rêveuse ? Inventer des souvenirs que je n’ai jamais connus. Paver ma route de cailloux moins lisses, de sable qui colle et de mer qui vibre. Après tout, peu importe mon passé, pourvu que l’avenir s’enrubanne de mon bonheur.
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Dommage que nous habitions si loin l'une de l'autre sinon je serais bien venue y goûter à ton pain, miam, miam