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Un coup de fil. Un seul coup de téléphone et je me sens sous terre. Une simple ligne, des ondes et des mots. Surtout. Des mots incendiaires. Médiocres, venin de sorcière. Phrases assassines sur sentiment qui déçoit. Toujours le même scénario. Le film est joué d’avance, dans la même salle, depuis des années. Pourtant cinéphile, je n’aime pas ce spectacle. Le script y est méchant, la réalisation maudite et le jeu des acteurs pathétique.
Il n’empêche… même si je connais la fin par cœur, la sentence me blesse. A chaque pique. As, roi, renne. Je ne suis que le valet de la farce. Condamnée d’avance, harpie qui me murmure des couronnes d’épines. Mon enterrement se fait depuis de si longues années. La procession est longue. Je creuse ma tombe à la force de mes douleurs et de mes peines.
Maman, pourquoi t’acharnes-tu ainsi ?
Papa, pourquoi restes-tu de marbre ?
Entre deux coups bas, je me repose sur Tes épaules, mon z’homme, mon havre de paix, mon phare dans la nuit, témoin muet. Tu pleures pour moi. Souffres en moi. Cries pour ces injustices prononcées à voix même pas basse. Puis tu consoles, cajole, tes amours ont le monopole.
La vie reprend son cours, eau calme qui se plie et se délie, jusqu’à la prochaine infamie. Alors je rechute. Camée sans sa seringue qui lui serine : NON ! Plus jamais ça. Je replonge dans cet enfer, laisse ses mots s’injecter en moi, veines cramoisies de haine. Je me dégoûte, je la redoute sans doute. Morphine a rebours, tu amplifies ma haine pour toi. Je crève de te voir loin de moi, porte close, enfin.
Je ferme les yeux. Pense à Toi. A nos amours qui me désintox de toi, maman. Drogue à vie, peine à endurer jusqu’à ta fin. Je ne pardonne pas. Je ne peux plus.
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