La Maladie d Amour
Écrit par Nath   
27-09-2007

En hommage à toutes ces filles pro-ana, anorexiques, qui défrayent trop souvent les chroniques. Maladie pernicieuse et vicieuse qui ronge ces demoiselles d’un dilemme affreux. J’ai écris ces quelques lignes suite à un article publié sur « les pensées d’une ronde » qui pousse un énorme « coup de gueule » suite à une nouvelle pub pour Beneton (je vous laisse le soin d'y chercher les photos en question). Hors-sujet je crois. Le photographe se permet de choquer pour attirer l’attention. Mais pas celle des filles malades qui se voient toujours un poil trop grosses. L’attention est là mais pour nous, qui regardons ce corps décharné et ces yeux bouffis de fatigue. Si les anges pouvaient se pencher sur elles, sans ailes, qui se meurent en se privant de nourriture… à toutes ces filles perdues :

« Mes yeux s’emplissaient de délices. Là, devant moi, un étal entier de pâtisseries jouait avec mes papilles. Je ne savais quoi choisir. Des rondeurs de chocolat. De la mousse de fraise. Des volutes de caramel. Tout était parfait. Les choux jonglaient avec la crème. Les biscuits croulaient sous le poids des fruits. Exquis. Sens emmitouflés de désirs.  Bulles de parfums qui s’évaporaient  dans la pièce. J’étais seule et je dégustais du regard ces gourmandises.

Ma main se tendit, presque animée d’une mesquine envie pour saisir une simple meringue aux formes ondoyantes. Je croquais l’œuf défendu. Quelle jouissance ! Ces petites miettes s’écrasaient mollement sur ma langue. Mes papilles n’en pouvaient plus d’émois. Yeux clos. Lèvres trop occupées à mâcher le moindre brin de sucre.

Abandon.

Châtiment corporel. Un jet puissant qui sort de ma bouche pour rejoindre la froide cuvette de mes toilettes. Je suis vidée de toute substance illicite. Le péché n’est plus, je ne suis plus corrompue. Le Mal s’est ôté de moi à grande vitesse. Pas de traces de graisse.

 

 


J’interroge mon miroir du bout de mes cils. Et je compte mes bourrelets qui s’accumulent. Combien de temps encore pour perdre ce superflu ? Mon âme se sentira-t-elle enfin apaisée ? Devant ce spectacle dégoulinant de gras, je me retourne, offusquée et écœurée. Trop faible pour m’apercevoir que le poids de mes os, SOS, ne fait pas vraiment bouger la petite aiguille de ma balance. Je suis si lasse. Si fragile, je m’élimine doucement.

J’entends le sol craquer derrière moi. Ce ne sont que mes pas qui résonnent. Je ne suis plus qu’un souffle, une étoile qui rejoindra bientôt son firmament. Maman, aide-moi ! » 
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