Brume Matinale
Photo
Écrit par Nath   
26-10-2007
C’est l’incertitude qui nous charme. Tout devient merveilleux dans la brume.
Oscar Wilde

 

 

 
Holidays
Photo
Écrit par Nath   
25-10-2007

Trois ans. Trois ans sans vacances. Alors pour la Toussaint, nous partons dans le pays du foie gras, le chaudron dans lequel mon z’homme est tombé quand il était petit garçon. Quelques jours de calme bien mérité. Des balades, des photos, des dodos sous la couette et du magret de canard avec des cèpes à la sarladaise !

 


Programme non chargé : détente, farniente et repos.

 


Retour prévu dans quelques jours parce qu’il ne faut pas abuser des bonnes choses. Surtout parce que n’avons pas le choix, grrr !

 


En cadeau, avant de partir, ces quelques photos prises la semaine passée avec mon nouvel appareil de la mort qui tue (si vous n'y voyez pas grand chose, vous pouvez cliquez dessus, comme à chaque photo de ce blog).

 


A très bientôt pour de nouvelles aventures.

 

 
Un Secret Cauchemar
Juste comme ça
Écrit par Nath   
24-10-2007

Je vais vous révéler un secret. Un semblant de polichinelle caché au fond de mon cœur depuis bien trop longtemps. Je n’étais qu’une enfant. J’allais par les chemins de mon innocence, construire une cabane de brindilles avec mon amoureux. Nous étions joyeux, emplis d’insouciance, âmes dévorées d’aventures.

Il faisait froid, le matin cueillait nos pas. Au détour de notre précipitation, nos pieds ont stoppés net leur progression. Notre sourire a fondu en larmes froides. La brume caressait encore les branches de notre chêne préféré mais elle ne cachait pas tout à fait notre découverte. Devant nos yeux écarquillés de mômes, un corps se balançait tranquillement au gré du vent. Un souffle d’air glacé nous a pénétrés aussi profondément qu’une blessure  de Léviathan.

 


Intrigués et pétrifiés, nous n’osions bouger. Nos regards s’acclimataient à la relative pénombre et les volutes matinales s’étiraient jusqu’à ne plus exister. Cette fois-ci, nous étions devant le cadavre accompli. Une vision d’horreur et de malaise. Un sentiment de détresse se peignait sur nos visages blêmes.

Là, devant nous, s’offrait un homme nu. Ridé et détrempé d’humidité. Une vieillesse revenue d’entre Dante et les Paradis Perdus. Nous étions fascinés, envoûtés, paralysés. Que faire ? Que dire ? D’un commun accord, nous avons rebroussé chemin. Repris notre route au travers des branchages et rejoint notre coin secret : une petite écluse qui bordait un lac et nous offrait une pêche aux têtards régulière et salutaire. Pas un mot ne fut échangé. Amnésie, oublions ensemble cet incident regrettable. Nous avons replongé dans nos vies, enfouis ce souvenir atroce.

Depuis, il hante mes nuits. Mes cauchemars se déclinent en « nuit et brouillard ». Abandon de ma petite enfance, là, dans cette forêt aimée. Quelques années de plus n’y changent rien. Le mort se balance toujours au bout de sa corde, inlassablement. Mangé par les corbeaux ou grignoté par les vers, les versions varient de temps à autre pour me laisser un goût fade et amer en bouche. Un long cri s’élance de ma poitrine et troue la nuit. La sueur dégouline en rivières salées.

Me voici bien empêtrée de ce souvenir atroce. Mais maintenant que je vous l’ai livré, cessera-t-il de me torturer ? 

 
Milka
Juste comme ça
Écrit par Nath   
23-10-2007

Petite frimousse animale posée sur mes genoux. Confiance.

Je lui caresse le cou. Sa couleur sable me rappelle les plages de Marie-Galante. Ma petite île perdue entre Caraïbes et Atlantique. Deux jolies oreilles reposent dans ma main. Douces. De grands yeux noisette me regardent de temps à autre. Amour.

 


Son corps est tiède. Lorsque le froid envahit mon corps, je me réfugie contre elle. Boule de poils. Poils qui voltigent dans toute la maison et qui s’éparpillent sur le sol ou le canapé ou mon pantalon. Deux pattes agiles qui sautent comme un cabri. Une fête de tous les instants. Confiance.

Lorsque mes peines s’épanchent, son museau me réconforte. Lorsque mes rires résonnent, ses dents me croquent. Amour.

Elle porte le joli nom de Milka. Chocolat au lait tendre. Tendre comme un câlin. Canin. Fidèle à la main qui la nourrit, à la main qui la cajole. Confiance.

 
La Sorcière de ma vie
Humeur
Écrit par Nath   
22-10-2007

Un coup de fil. Un seul coup de téléphone et je me sens sous terre. Une simple ligne, des ondes et des mots. Surtout. Des mots incendiaires. Médiocres, venin de sorcière. Phrases assassines sur sentiment qui déçoit. Toujours le même scénario. Le film est joué d’avance, dans la même salle, depuis des années. Pourtant cinéphile, je n’aime pas ce spectacle. Le script y est méchant, la réalisation maudite et le jeu des acteurs pathétique.

 


Il n’empêche… même si je connais la fin par cœur, la sentence me blesse. A chaque pique. As, roi, renne. Je ne suis que le valet de la farce. Condamnée d’avance, harpie qui me murmure des couronnes d’épines. Mon enterrement se fait depuis de si longues années. La procession est longue. Je creuse ma tombe à la force de mes douleurs et de mes peines.

Maman, pourquoi t’acharnes-tu ainsi ?
Papa, pourquoi restes-tu de marbre ?

Entre deux coups bas, je me repose sur Tes épaules, mon z’homme, mon havre de paix, mon phare dans la nuit, témoin muet. Tu pleures pour moi. Souffres en moi. Cries pour ces injustices prononcées à voix même pas basse. Puis tu consoles, cajole, tes amours ont le monopole.

La vie reprend son cours, eau calme qui se plie et se délie, jusqu’à la prochaine infamie. Alors je rechute. Camée sans sa seringue qui lui serine : NON ! Plus jamais ça. Je replonge dans cet enfer, laisse ses mots s’injecter en moi, veines cramoisies de haine. Je me dégoûte, je la redoute sans doute. Morphine a rebours, tu amplifies ma haine pour toi. Je crève de te voir loin de moi, porte close, enfin.

Je ferme les yeux. Pense à Toi. A nos amours qui me désintox de toi, maman. Drogue à vie, peine à endurer jusqu’à ta fin. Je ne pardonne pas. Je ne peux plus. 

 
Lettre d'une amoureuse morte
Lu et approuvé - ou non
Écrit par Nath   
21-10-2007

Nathalie Rheims a la plume tourmentée. Et ça me plaît. Je tremble à sa lecture, je me retrouve dans son style. Comme elle, je suis trouble et sombre. Comme elle, la mort saurait me délivrer d’un amour abandonné.

Son dernier roman : Journal intime est en cours de lecture...

Lettre d'une amoureuse morte est un long monologue, une chambre et un personnage sans visage qui assiste à ses errances sur un homme qu’elle ne voit pas. Ou plus. C’est empreint de ses propres souvenirs, un livre qu’elle souhaitait plus personnel. C’est noir, profond, éprouvant aussi. Ça remue les tripes et souligne une écriture vive et poétique.

 

 

J’ai aimé.

J’ai écrit il y a quelques mois de cela, un récit contant la perte d’un amour. Des lettres à sens unique pour un homme à l’autre bout du monde. Je n’ose proposer ces lignes de peur de… trop de peurs mais la guérison approche… Je suis peut-être trop poète, trop sensible, trop peureuse pour oser. Peu importe, son roman m’a renvoyé au mien. Depuis je doute et m’interpelle. Et si ?

Pour tous ceux qui aiment l’écriture en dentelle, le côté obscur que provoque l’absence d’un être cher, la passion qui s’aliène à notre esprit sans espoir en retour, ce livre est pour vous. Il est court mais intense. 
 
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