Nightmare
Humeur
Écrit par Nath   
11-04-2008
Je tombe, nuit sans fond, lune au repos. Sommeil agité sur corps endormi. Je ne sais plus qui je suis. Sous mes ténèbres je contemple un orage. Pluie. Brume. C’est fini. Le plafond du soir s’écroule sur mon armure. Emmurée à vos baisers épines je m’échappe. Folle en filature. Rature. Ecorchure.

Un long manteau de soie m’agrippe et me retient. A ce sapin je suis enchaînée. Maudites vérités. Je m’évapore à vos questions. Non. Je ne suis pas comme cela. Ni comme cet autre là. Je suis au-delà. Ailleurs. Un cœur en hiver. Loin de l’agitation. Enigmatique pour ce cirque. Pantins qui m’agrippent. Evangélisation de mes pensées. Ecocide. Me voici désœuvrée.

Les mots ne franchiront pas ma bouche. Elle restera cousue de fil noir. Pourquoi me chiner de la sorte ? Mutisme profond. Je touche le fond.

Regard au hasard, hagard. Sueur qui dégouline en rivière d’argent. Joues trempées de pleurs. Je me réveille. Songe qui plante en mon jardin tulipes grises. Je jardine une fois éveillée. Sème et récolte. Bulbes laineux de froid. Je n’aime pas cultiver. La moisson se naufrage, je suis coquillage. Fermée au monde.  Je m’inonde en triste Joconde. Anti-faconde.
 
 
 
Coiff'
Humeur
Écrit par Nath   
10-04-2008
Coupe. Couleur. Brushing.
Elle est là, plantée derrière le miroir qui se joue de son profile. Silhouette fragile, sombre, yeux rieurs. Je la regarde. Ses mains touchent. Palpent. Cisaillent. Les lames virevoltent. Mèches qui tombent. Silence sur le carrelage noir. Obscur. Mort. Coup du sort. Sans effort. Gestes précis. Incisifs. Couic ! Le tranchant ne s’embarrasse pas de futilités.

Assise sage. Presque condamnée à subir valse acérée. Sentiment fébrile. Je n’aime pas. Séance obligée pour cheveux à scinder. Je détourne mon œil triste. Ferme boutique sur le reflet. Introspection. Voyage intérieur. Je suis ailleurs. Loin du coiffeur. Mon image se dépeint. Aquarelle sur fond d’huile. Coule. Mascara détresse. Trace de peine sur la glace. Embastillée de cette femme qui ne me ressemble plus. Outrages du temps. Rides, cernes, rondeurs. L’inacceptable s’est emparé de moi. Bouille de poisson lune. Où sont mes années rock & roll ? Pourtant je résiste : tatouages, piercing, teinture théâtre, vêtements noirs… Mais la graisse m’envahit. Inexorablement.
 
 

30 kilos ! Lourd verdict à payer pour ces stress passés. Régime ? Mot inconnu, éperdu, incongru. J’aime manger. Sucré. Salé. Ronde. Le choix n’y est pour rien. Je pleure la fatalité. Lamentations qui se perdent en labyrinthes. Réflexion. Miroir qui me renvoit au néant.

M’oublier. Ne plus penser. Souvenirs en berne. Drapeaux noirs qui plient et dansent sous le vent. Je voudrais être Ange. Me perdre dans les nuages. Jouer de mes ailes. Retrouver mon corps. 20 ans. Belle à croquer. Croquer cette vie. Vie dévastée. Le bonheur me rattrape. A pas de loup. Garou. Pas si doux. Amer. Étincelle apprivoisée : mon z’homme. Ses yeux me trouvent jolie. Je m’accroche à ses deux saphirs. Chanson douce.

Voilà. J’ouvre les yeux sur mon reflet. Dents blanches pour ne pas dévoiler la déception. Je suis toujours là : bouille de ballon. Bulle froide qui me gobe. Le travail est bien fait. C’est la cliente qui se désagrège devant le spectacle. Aspirée devant la vérité nue. L’artificiel ne masque pas l’essentiel. Pensées vaines d’une existence heureuse mais d’une apparence trompeuse. Je ne suis plus moi. 
 
voler... loin
Humeur
Écrit par Nath   
09-04-2008
Rendez-vous box des accusés. Parquet ciré de mélancolies. Robes noires et lisses. Pourtant je sais. Je sais que la loi n’est pas bafouée. Erreurs de calculs. Différences de chiffres. Les magistrats sont droits. Rois. Quel effroi ! Balance qui oscille entre bien et mal. Vite fait. Entre deux malfaiteurs. Tu seras là. Cou bas pour une faute non commise. Vie antérieure, conjugue ton futur mon Ange.

Divorce. Justice. Le Malin n’est pas toujours celui que l’on croit.
Féroce. Ho hisse ! Loin des croyances populaires et injustes parfois.
Colosse. Matrice. Te voilà en guerre. Malgré toi.

De l’autre côté du miroir, l’avidité. La vengeance. La cupidité. Incompréhension. Déjà 5 longues années d’une lutte acharnée.

Petit cœur qui bat pour toi. Mes pensées s’irritent à la moindre épine qui me blesse. Te voir, là maintenant. Te garder au chaud de moi. Oiseau encagé dans mon cœur. Je n’arrive plus à être. Mal. Mal-être. Peut-être. De tout mon être. Nœud au ventre.

« I’m a new soul » joue pour moi. Sa voix m’ensorcelle pour quelques secondes.

Vite ce soir, que les boules de suie de mon estomac se dispersent !
Vite ce soir que tes bras cherchent les miens pour une étreinte méritée !
Vite ce soir que mes mots apaisent tes craintes !

Je t’attends.
 
 
 
Truc de fille
Juste comme ça
Écrit par Nath   
08-04-2008
Truc de fille, connais pas. Ni camomille. Ni vanille. Plutôt suie et diamant brut qui raye. Plutôt coup de croc et vampire en dedans. Plutôt coup du sort que coup de charme.

Peau non fardée je me nature devant vous. Mode tu ne passeras pas par moi ! En dehors des sentiers qui nous battent, j’arpente le bitume dépouillée d’artifices. Feu qui brûle rage. Je me consume. Body drapé de noir. Crinière au vent. Sourire promis mais non dévoilé. Je suis ainsi. J’avance, lente et posée, rapide et pressée. Toute en paradoxes.

J’ondule comme rivière folle. Je cherche ma trace au milieu de la foule. Limier essoufflée je me détourne facilement. Sauvage. J’affronte mais pas trop. Etincelle vite diluée. Moitié femme moitié objectif, blottie contre mon appareil photo j’observe et clic clac de haut en bas, de gauche à droite. Moitié nue moitié costumée je dévoile l’univers de mes paysages. De mes idées carnage. De mes veines en cage. Couleur safran mes clichés s‘exposent aux regards : sombres !

Truc de fille, je ne sais pas. Ni gracile. Ni ustensile. Je m’hémophile dans la vie. Portée par mes colères je divague au gré des bonheurs. Ou des malheurs. Happy to be yours. Seul point d’attache. Ancre sous marine pour regard myosotis. Femme pour toi. Je m’Aphrodite pour tes mains de velours. Qui courent. Parcourent.
 
 
 
Cabinet médical
Humeur
Écrit par Nath   
07-04-2008
Petits carreaux blancs. Bottines noires. Tap tap tap. Bruit de mes talons. Lieu froid. Etrange. Rêveries Sahara. Les murs s’embarrassent de visages défaits. D’atchoum ou de toux grasses. Cabinet médical. Mon angine pas toute à faite soignée, les microbes prolifèrent. Que d’heures à attendre le rendez-vous !

J’observe les kids qui lisent sagement. Ceux qui Lego ou puzzle. Et ces bébés emmitouflés tendrement bercés. Petits sièges en osier pour accueillir minuscules fessiers encombrés de voitures ou de livres aux mots doux.

J’observe aussi les gens. Pressés. Angoissés. Abandonnés à l’attente. Jambes croisées. Emmêlées. Décroisées. Sur le même pied d’égalité. A pas feutrés. Une porte s’ouvre et un corps se lève. Un quart d’heure. C’est règlementaire. Expédié, le rhume. Médicamenté, la dépression. Examinés, les résultats d’analyse. Journée finalement identique à tous les docteurs des cœurs, des âmes, des corps.

Est-ce bien ce destin auquel ils aspiraient ? Médecin de campagne versus médecin de ville. Le quotidien s’emballe et se déballe au rythme des consultations. Souffrance étalée sur les ordonnances. Larmes d’angoisse. Sont-ils une nouvelle race de chevaliers qui sauvent les Humains dans leur croisade ? Soigner à coup d’antidotes ou d’oreille tendue ? Patients entortillés de convulsions émotions. Qui croient-ils consulter ?

Mais je m’interroge et voilà qu’on appelle mon nom. Je relève la tête, la plume en suspend au dessus de mon moleskine noir et…
 
 
 
Moucharabieh
Photo
Écrit par Nath   
05-04-2008
Le monde est une prison où il n’y a ni espoir, ni saveur, ni odeur. Une prison… pour ton esprit.

Andy Wachowski (Matrix)
 
 
 
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