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Humeur
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Écrit par Nath
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16-10-2007 |
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Son souvenir s’enfonce dans la nuit. Comme un fantôme, il disparait de ma mémoire. Oublié. Pourtant c’est mon père. C’était l’Homme jeune, fort et beau. Mes yeux d’enfant le voyaient ainsi. Puissant. Aimant. Père modèle pour son enfant.
Puis son cœur devint fou. Embolie. Presque paralysie. Apoplexie.
Mon regard d’adolescente sur cet homme nouveau, changea. Déjà vieux pour mes 15 ans. Mes copains, mes copines prenaient le pas sur sa santé. Je ne voyais pas. Ni ne comprenais les méandres de ses souffrances. Ma mère, mégère non apprivoisée, le regardais du fond de son égoïsme. Elle se plaignait, elle. Ne plus voyager. Ne plus sortir. Ne plus… Et lui se débattait, seul. Je n’étais pas à ses côtés. Je n’ai pas su. Pas pu. Pas voulu.
Je me suis mariée. J’ai donné naissance. Mon couple s’est disloqué au bout de tant d’années à ne rien dire. Frustrée. J’ai travaillé. Changé. Me suis rapprochée de ma fille. Ses grands yeux bleus m’accompagnaient sur mes routes empierrées. Mon cœur implosait. Ma vie s’écroulait. Des barrières s’élevaient. Hautes, dans mon ciel d’orage. De lourds nuages noirs tressaient mes journées, vides. Inerte, je me laissais couler. Ma plume parcourait de longues feuilles mortes. Mon appareil photo mitraillait souvent.
Quand la douleur fut trop forte, je pris un amant. Mais je ne sais pas mentir. Alors mon mari ferma les yeux. Pour me garder à ses côtés. La culpabilité. La honte. Trop plein d’émotions enfermées. Ma famille s’écarta. Pas un regard ni une main tendue. Les reproches pleuvaient. Mon mari m’innocentait. Dans la tempête, il fut le seul à m’aider. Finalement. Comme c’est troublant !
Ma mère se gargarisait de bières et de whisky. Mon père commençait sa descente aux Enfers. Dante n’avait qu’à bien se tenir ! La maladie progressait. Je savais. Je comprenais. Mais je ne participais. Totale opposition avec eux. Parents conscients de Sa douleur. La Mienne n’existait pas. Pécheresse. Black sheep of the family.
Le divorce me combla. Sans accroc. Ni dispute. Ma fille ne souffrit pas trop.
C’est alors que mon ciel s’éclaircit. Amen. Je rencontrais l’âme-sœur. Mon alter-égo. Ma Douceur. Les heures noires se faisaient lumière. Dans mon jardin secret, les fleurs repoussaient. Ma vie prenait une nouvelle route. J’avais tant de sourires à donner. D’amour à offrir. De rêves à partager.
Ma plume reprenait vie, à plein temps. Mes photos s’armaient d’un angle neuf. Je suis partie. Loin de tout. Plus proche de Nous. Mes souvenirs de Lui commençaient à se dissoudre. Elle m’a chassé. Il m’a désavoué. Pourquoi partir si loin d’eux ? Le mur de l’incompréhension se dressait devant moi, à nouveau. Mes épaules ne sont pas si larges que je puisse tout supporter. Nos relations se bornaient au minimum.
Trois ans. Et nous sommes revenus.
Son souvenir s’enfonce dans la nuit. Comme un fantôme, il disparait de ma mémoire. Oublié. Pourtant c’est mon père. Toujours. Son fauteuil traine ses roues sur le carrelage de la maison. Sa canne est à portée de main. Il est devenu immobile. Ma mère s’occupe de Lui. Se plaint encore. La reconnaissance Lui mange le visage. Il n’est rien sans elle.
Et moi ? Je suis là, à quelques kilomètres de lui. Et je l’oublie. Mes paroles ne l’apaisent pas. Mes sourires sont vagues. Je me déçois. Mes yeux n’acceptent pas son image. Il est un Homme jeune, fort et beau. Mes « je t’aime » ne franchissent pas mes lèvres. Mes mains ne se tendent pas. Il m’est devenu l’Etranger. |
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De l'Autre Coté du Miroir |
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Mes textes
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Écrit par Nath
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15-10-2007 |
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La main s’empare des ciseaux et, sans trop savoir pour quelle raison, le geste reste comme suspendu. Le regard se voile légèrement. Brouillard de ces matins de glace. Emois. Tu n’es plus là. Ton souvenir, loin de s’esquiver, se fait plus vivace que jamais. Je me brise en mille et mord ce sceau qui nous unissait.
Devant le miroir, un visage qui s’interroge. La clepsydre serait-elle endormie ? L’instant se prolonge. Puis la minute bascule. Gêne. Méchante bulle.
Je revois ce client qui attend sa coupe. Une métamorphose. Cocon puis papillon. L’image me transporte inévitablement à cet instant, pourtant si fugitif, où je t’ai perdu. Tu étais là. Comme lui. Tu posais devant cette grande glace, chic et pure. Tes sourires, comme des moufles, m’entortillaient de tendresse. Mes ciseaux allaient et venaient sur tes cheveux aimés. Le roux de ta toison flottait près de l’acier de la lame. Lame de fond. Tu t’y es perdu.
En un éclair tu as sombré. Courbé en deux, la poitrine se soulevant avec fracas, tu es tombé, là, à mes pieds. Une seconde pour briser l’onde. Choc. Privé de ma Joconde. Les mèches éparses jonchaient le sol froid et sec. Un carreau se brisa sous les serres d’un corbeau. Ton corps, lui aussi beau, s’effondra à terre. Enterré dans la semaine. Le cauchemar ne faisait que commencer. Les adieux furent courts et bien trop lourds. Ma chair en garde la trace. Tu ne t’effaces. Le pieu s’est enfoncé profond. Forgeron. L’arme a frappé son Maître. La forge s’est tue. Tu n’étais plus là. Le feu a fait son œuvre.
Nous étions seuls au monde.
Deux hommes. Deux lames. Comme mes ciseaux, Te deum.
Je t’aime. |
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Photo
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Écrit par Nath
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13-10-2007 |
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« Le trop d’attention qu’on met à observer les défauts d’autrui, fait qu’on meurt sans avoir eu le temps de connaître les siens ».
Jean de la Bruyère |
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Humeur
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Écrit par Nath
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12-10-2007 |
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Sa petite main dans la mienne, je la console d’un gros chagrin. De petites larmes, comme des perles, coulent le long de ses joues. C’est insoutenable. Ses beaux yeux verts se troublent. Une buée se forme à l’orée de ses cils, comme un collier de gypse fin. Une onde de tristesse me submerge. Je n’aime pas la voir souffrir. Je la prends sur mes genoux. La berce tendrement. Mots doux soufflés dans son cou. Comme un souffle du mois d’août. Tout flou.
Elle se calme. Mais la douleur est là et ne s’estompe que partiellement. Petite églantine, bulle de Colombine, chanson enfantine. Tu me perces le cœur. Je sens tes sanglots inonder mon âme. Mes mains caressent tes cheveux. Ton visage se niche au creux de moi.
Maman.
Tantôt joute de tous les instants. Tantôt câlins au présent. Ne jamais faillir, heureusement, papa est là. Il veille. Sur l’enfant, sur maman.
La peur s’enfuit, la peine s’éloigne. Elle se détend et son corps se détache du mien. Elle va mieux. Elle est de nouveau prête à bondir, à sauter, à s’éparpiller de tous côtés. Sourire. La voilà qui court vers son ours en peluche. Qui touche à tout ce qu’elle trouve sur mon bureau. Qui s’impatiente à me voir derrière mon écran.
Ma mission est passée, dépassée. La page est tournée. Jusqu’aux prochains pleurs. Alors je serais là, fidèle à mon poste. Maman tendresse. |
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A la recherche de la confiance perdue |
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Humeur
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Écrit par Nath
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11-10-2007 |
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Suite au dernier billet publié sur le blog d’Elisabeth Robert, je m’introspecte. Du plus profond de moi. Et je me pose cette question, toute bête : qu’est-ce que la confiance en soi ? Je m’aperçois que cela ne tient qu’à un fil. Un tout petit fil suspendu au dessus de ma tête, en permanence.
De mon enfance j’ai gardé des « t’es nulle », t’y arriveras jamais », « ce n’est pas un métier » assénés avec rage et mépris.
De mon adolescence je me souviens de ces « pourquoi faire ? », « mais non, ça c’est mieux », « fais ça, tu n’as pas le choix » répétés maintes fois.
De mon âge adulte il pleut encore des « c’est du n’importe quoi », « tu n’as pas de talent », « ce que tu fais est inutile » argumentés avec la ferme intention de me dégoûter.
Et qui me veut autant de bien ? Ma chère mère principalement, ma famille, des gens biens…
Ecrire. Ecrire ne sert à rien. Devenir écrivain ? C’est un rêve fou donné à une élite. Des gens doués. Mais, mettre des mots sur mes peines, mes souffrances, ma vie, c’est beau ? Inutile. Voilà ce que pensent ma seule et unique famille.
Alors je sombre dans le néant. Je m’engouffre au fond de mes abîmes pour ne plus voir la lumière. Je m’agglutine à cette glue qui me retient prisonnière de mes ténèbres. Et je ne bouge pas. J’écris. Car comme disait Nathalie Rheims dans son « journal intime », « lorsque je n’écris pas, il ne m’arrive rien ». Je m’abolie si je n’écris. Pas un mot, une rime ou une prose qui ne soit à moi, en moi, pour moi. Un fragile instant où le monde qui m’entoure disparaît et où tout un autre monde apparaît, là, sous mes doigts. Profession de foi. La feuille blanche accueille mes écueils pour mieux m’apprivoiser. Lumière dans ces ténèbres. Elle brille, scintille et resplendit pour m’offrir une histoire qui n’appartiendra qu’à moi.
Et puis il y a mon Z’Homme. Lui et ses grands yeux saphir qui se noient en moi. Qui me repêchent de mes puits sans fonds. Qui m’accordent crédit et envie. Qui aiment ma plume et mon désir de coucher sur le papier mes pensées secrètes. Il est là. Près de moi. A l’écoute et critique parfois. Jamais effacé, jamais dans l’ombre. Il me soutient, me retient, m’aime du mieux qu’il peut. Je lui dois mes instants de pur bonheur, mes soirs bleutés et mes journées de plaisir. Il est mon Mur des Lamentations. Je m’épanche pour qu’il me relève. Jamais indemne.
De cet amour naît mille rêveries et mille envies. Pourquoi pas ? Sauter le pas ? Montrer aux yeux du monde que mes mots existent. Ne plus se contenter de garder mes phrases enfouies au fond d’un tiroir poussiéreux. Enfin affronter la vie.
Je me balance entre ce jeu de marelle bien cruel : avancer ou reculer ? Qui gagnera son pari sur Ma vie ?
Ma confiance s’en est allée un beau jour d’hiver alors que je n’étais qu’une enfant. Je cours après depuis tout ce temps. Cache-cache dans un labyrinthe de suie où je me perds. Alors, quand la fuite est trop puissante, je regarde les étoiles dans le ciel et j’aperçois un tapis de saphirs. Tu veilles sur moi. |
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Humeur
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Écrit par Nath
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10-10-2007 |
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Je m’insurge ! Oui, comme ça, un matin au lever du soleil.
Il fait un froid de canard, le brouillard tapisse les champs alentours, les arbres sont recouverts d’une très fine pellicule d’eau et… ce matin sur un des murs de ma maison, j’ai trouvé… un moustique !!! Non mais ! Vous vous rendez compte, un moustique à cette température !
Je sais, ça parait un peu exagéré. Mais que je vous explique : à Marie-Galante, d’où je viens, je pestais régulièrement contre ces vampires sans foi ni loi qui nous suçaient régulièrement le sang. Vermine qui n’a d’autre but que de nous empoisonner la vie et les veines. Produits chimiques, bombes nauséabondes, moustiquaire, rien n’y faisait. Ces bestioles sournoises rentraient partout sans demander la moindre permission et nous aspiraient copieusement. Une goutte de sang au petit matin ? Un dernier verre ce soir ?
Bref, un incontournable fléau. Je suppose que Mandor, toi qui a vécu en Guyane, ne me contredira pas ; c’est insupportable. Oh, je vous rassure, notre peau s’y fait. Après avoir été couverte d’énormes pustules les deux premiers mois. Après s’être gratté au sang à chaque seconde. Après avoir voulu éradiquer toute l’espèce de cette maudite planète… ma pauvre peau, tendre et douce n’est-ce pas ?, s’est habituée. Mais pas à cette démangeaison perpétuelle. Argh !
Alors comprenez ma colère contre cette immonde petite bête à longues pates velues et à la trompe aiguisée… Moins véloce qu’à Marie-Galante, le moustique, intolérable, a fini sa vie écrasé entre ma main et le mur blanc de mon bureau. Le pôvre direz-vous. Mais non ! Il n’a eu que ce qu’il méritait.
Si vous avez eu, vous aussi, une expérience malheureuse avec ces satanés moustiques, racontez-moi ça !
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