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Photo
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Écrit par Nath
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21-03-2008 |
L’artiste n’est artiste qu’à la condition d’être double et
de n’ignorer aucun des phénomènes de sa double nature.
Charles Baudelaire
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Juste comme ça
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Écrit par Nath
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20-03-2008 |
Sous ma peau coule l’encre. C’est noir, gris ou vert tendre. C’est courbes, pleins et déliés. Au détour d’une cheville, la lune embrasse le soleil. Baiser éternel. Etreinte similaire sur ta cheville. Côté mâle. Côté femme. De toutes les manières je me fonds en toi. Tout doux. Petit fou. Un peu jaloux. Passion partagée, tu n’as pas su résister. Dermographe qui se déchaine. Aiguille qui se faufile. Qui se distille. Qui prend Bastille : cuir encore vierge. Goutte à goutte sous tes veines. Epiderme qui se colore de toi, de moi, de nous.
Puis c’est l’omoplate qui se fait belle. Coquillage et fleur de tiare. Volutes noires. Enlacent. Caressent. Jamais ne s’effacent. Douleur qui persiste. Résiste. Je m’effrite sous le poids de la peine. Je serre les dents, gorge qui se serre pour liquide qui s’écoule en moi. Flux et reflux. Je ne suis plus que sang. Un coup d’œil au miroir. Double moi. Là, devant mon regard, se dessine œuvre d’art. Je suis comblée. Mal oublié.
Je poursuis mon voyage encre de chine. Entre plume et parchemin. Je suis exclusive. Tableau de maître. On ne m’accrochera pas aux murs mais on regardera mes armures. Je me pare. Je me cache. Les couleurs dissimulent. Papillon qui ne s’envolera plus jamais butine la naissance de ma poitrine. Il est au chaud. Trésor enfoui et dévoilé l’été. Puis l’œil se pose sur mon épaule. Lignes sombres pour fusain abstrait. Aucun sens. Sens unique.
Enfin le long de ma jambe s’enrobent coccinelles. Le lierre s’enroule. S’emmêle. Absence de couleur. Ornement patience, c’est pour bientôt. Tatouée. Femme-enfant-esquisse. Ainsi déguisée je me dissous dans les foules. Pas vue pas de prix. Fool. Art sans contrefaçon, je me dessine en invisible. Paradoxe. Ombres qui dissimulent mes effrois. Ame gelée qui se dégèle pour vous.
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Humeur
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Écrit par Nath
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19-03-2008 |
Seule. Entourée de petites abeilles discrètes qui bruissent. Ruche. Je suis miel dans ma bulle. Le soleil déploie ses ailes dans un ciel myosotis et je suis là, plume en main. Lieu feutré, calme, apaisé. Couverts, assiette, verre. Tout est posé sagement à mes pieds. Je regarde ma solitude. Ne rien faire. Se laisser emporter par quelque songe. Bleu. Rouge. Vert. Jaune. Mes rêveries se parent de couleurs. Printemps. Bientôt. Renouveau. Tout est beau.
Au travers de la vitre j’aperçois sapin, jonquilles et lierre grimpant. Une marre sans canard. Des galets. L’ambiance est feng shui. Je tourne la tête. Vase transparent, sable orange, bougie qui se consume. Serein, étrange après-midi illuminé de poésie. Mes démons se taisent. Ma colère s’est endormie. Ma confiance pointe timidement le bout de son museau. Je me nuage blanc dans l’éther. Voyage volage. Plus de naufrages. Cœur à l’abandon. Je rejoins tes pensées les plus sauvages. Plage. Nul grillage. Là, sur le sable perle, nous glissons. Corps empreints de vie et d’envies. Nos mains se mélangent, nos bras s’enlacent, nos âmes communient autant que nos chairs. Je suis à toi. Aube nouvelle. Ebats d’amoureux. Pudeur à tout dévoiler. Seuls au monde. Que j’aime ces pensées volatiles et fragiles ! Quelques minutes encore. Laisse-moi retenir ton parfum au creux de mes mains, de mes cuisses, de mes seins. Laisse-moi encore m’envoûter de toi, de nos secrets, de tes joies.
Le temps s’étire doucement. Infini. Lente agonie. La clepsydre poursuit sa course. Délicatement. Plus rien n’a d’importance. Toi.
Seule mais pas esseulée. Enveloppée du battement de tes cils, je me fais papillon et rejoins mes néants. Assise-là, les restes de mon déjeuner déjà froids. Thé brûlant entre mes doigts. Sucre qui fond. Cristaux qui s’agitent. S’effritent. Je me fais gîte, abris caché au fond du jardin. Recueille mes émois en gouttes minuscules. Songe d’une journée de presqu’été.
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Humeur
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Écrit par Nath
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18-03-2008 |
Le temps file. Défile. S’enfile comme un collier de perle. Une à une se glissent sur ma vie. Un évènement après l’autre. Tourne le cou et regarde ce passé. Enchaîné. Enlisé. Tout s’embrouille parfois. Bouillie difforme, porridge laiteux, je me chloroforme.
Je suis un chat qui se meurt puis renaît. 7 vies dit-on. Je me pop-corn de celle-ci à celle-là. Pattes de velours, je rebondis pour échapper à mon futur antérieur. Langue râpeuse sur l’histoire qui m’a vue naître. Je disparais en volutes pour mieux resurgir ici et maintenant. Naissance oubliée. Avec paresse je me confesse. Réduite en pièces.
J’ouvre les yeux sur aujourd’hui. Tu es là. Aube de ma vie. Epanouie. Ton sourire me retient à ce fil qui s’immobile pour toi. Ma presqu’île. Cloître enneigé sous lequel repose mon cœur. Je suis bien. Je suis coffre sur tes genoux. Attentive à la clef qui se tourne. Et me trouve, là. Sage à tes désirs. Je me coagule de plaisir. Ame offerte à ton écrin de plumes. Je me cachemire.
Je goûte enfin la joie le repos loin du trépas. Plus de mea culpa, je suis pour toi. A toi. En toi.
Merci d’être là. Annihiler le passé qui se décompose en lambeaux funeste. Mémoire oubliée, je me coule comme la rivière sur tes pieds un soir d’été. Enchantée. Nuages blancs à la dérive sur ce ciel désormais étoilé.
Je dépose mille fleurs bleutées poudrées sur ton autel, pour toi mon bienaimé.
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Juste comme ça
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Écrit par Nath
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16-03-2008 |
Montparnasse approche. Je sens l’odeur de Paris. Les graffitis. Mon envie… d’Elle. Ville aimée. Ambiance bitume. Je te serre contre mes souvenirs. Infidèle pourtant. Les roues de métal s’immobilisent enfin. Butée atteinte. Descendre et parcourir le quai. Retrouver mon amie d’enfance. 20 ans. Revoir sa silhouette connue. Retour aux sources depuis trois mois. Seulement. Je vous parlerai d’elle. Elle est là, devant moi. Petit bout de femme. Sandrine. Joie. Bavardages incessants, je renoue le fil de mes pensées, tisse mon passé à notre présent. Direction Baltard, sandwich, jeux de mémoires. Porte de Versailles. Hall 1. Passe et gagne. Les allées sont là sous nos pieds.
Je suis émue. Première rencontre, Elisabeth et son livre « te souviens-tu de nous ? ». Mandor me reconnais au premier coup d’œil. Sarvane se joint à lui. Je reconnais Stéphane Nolhart mais reste muette. Bisous, conversations décousues, je ne sais plus où tourner mon attention. Timide à l’extrême. Je rose fuchsia sur mes joues. Comme prévue je suis Terre Adélie devant ces personnes aux blogs si parcourus. Gênée, petite, mal assurée. Je prends congé, un sourire bienveillant au coin des yeux.
Seconde rencontre, Agnès Abécassis et une dédicace très sympa plus loin, je suis sur un petit nuage. Amélie la Grande, Nothomb au grand chapeau noir. Aperçue mais devant tant de file indienne, je renonce. De même pour Anna Gavalda, Leroy, Rheims. Mon cœur fait boom, boom, boom. Fairytale. Les pieds me brûlent. Il est 17 heures. Mon amie doit retrouver son home sweet home. Patience, je dis, je vous parlerai d’elle.
Dernier rendez-vous improvisé sous le Point G. Mandor. Le Grand, le Beau, l’Unique ! Second Flore et une amie. Mots croisés, copiés/collés, décroisés. On s’apprivoise un peu plus. Je me cage félin sous ses yeux. Rire cache misère. Armure. Le réel rencontre le virtuel. Difficile. Sympathique. Je dénude les fils de cette araignée alanguie sur sa toile. Petite souris piégée, je me surpasse ce soir. Ne pas fuir. Nos commentaires nous unissent, il faut désormais dompter la vraie vie, les vrais regards, le corps embourbé. Too shy.
Métro. Hall de gare. Série photo. Seule à nouveau. Cent pas. Paysage urbain. Chaussures qui courent. Stoppent. Attendent. Patience. Dernier coup de téléphone mystérieux pour me rassurer. Je peux rentrer chez moi, sereine.
Journée magique. Importance de ces gestes et sourires échangés. Je suis riche de vous mes amis. Partage en si majeur. Je suis heureuse. La nuit enveloppe mon âme. Je file à vive allure dans ce TVG qui me ramène vers les miens. Ma petite Océane dort à poings fermés rêvant de cette journée avec son papa. Marie tient compagnie à mon homme pressé de me revoir. Milka se love contre son maître, réchauffant ma place laissée vide. Tout ce petit monde me manque. Eperdument. Ankylosée. Vite, je vous retrouve.
Bientôt vous lirez ces lignes écrites sur un coin de table qui tremble : le train s’enivre de vitesse. Merci à vous tous, cette journée restera toujours comme un petit trésor enfoui au fond de moi. Vous rencontrer, vous parler, vous admirer fut un très joli moment. En réponse à l’ouvrage d’Elisabeth : oui, je me souviendrai de vous. A très bientôt de vous revoir. |
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Juste comme ça
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Écrit par Nath
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15-03-2008 |
Réveillée au petit matin. Quatre heures. La nuit se meurt doucement. Tourne en rond. Côté fatigue. Côté réveil. Agitée. Petit enfant, grand évènement. Je me coule contre lui. Tiédeur câline. L’I-phone carillonne. Il est temps. Dernière paresse. Puis la journée amorce sa course : enfants, chien, petit déjeuner.
Je me TGV enfin. Assise inconnue entre tous ces gens. Je m’étourdie de bruit. Instant rare pour ours qui préfère tanière. Isoloir. Petit sac à dos, livres, moleskine. Je plonge plume la première dans les mots. Voilà… l’épopée Salon du Livre commence. Deux heures. Secousse. Electricité. Quelqu’un à ma rescousse ? Lâchée au cœur de la foule, je croule. Ame solitaire qui se déploie. Ce n’est plus moi. Tes bras ! Mais je suis grande désormais. Vie parisienne oubliée. Métro. Boulot. Divorce idiot. Marie-Galante. Devenue ermite. La tiédeur du wagon me gagne, je me canevas de laine sur les sièges. Diluée. Fondue. Terrifiée.
Mon stylo s’empare du papier. Il me rassure. Contact presque adultère. Ça y est, la gare s’étire, élastique invisible qui mène ce train. Immeubles. Rails. Rennes s’éloigne. Visages absorbés. Ils sourient, lisent, écoutent do, ré, mi. Le ciel est bleu. Belle journée.
Dans ma besace quelques livres. Organisée, j’ai noté les heures des dédicaces. Des noms connus, des amis. Virtuels. Et le hasard des rencontres. Il y a quelques mois, je me lançais sur la toile. Araignée éperdue, j’ai jeté maux en pâture. Oreilles sensibles sont passées par chez moi. Doucement. Attirés par les mots. J’ai découvert leur univers à chacun. Leur monde. Leur vie presque entière. Je veux leur rendre visite. Transformer le virtuel en réel. Je pense à ces absents que je ne rencontrerai pas : Marie-Laure, Kiki, Bridget… j’aurais tant aimé. Une autre fois. Peut-être. Pardonnez-moi.
Ça mouche. Ça parle. Ça bouche cousue. Dehors, les champs succèdent au béton. Paysage étiré, ensoleillé, aimé. Par le temps de voir les bêtes nous regarder passer. Il est déjà trop tard. La peau noire de mon carnet entre mes mains, fil ténu qui me relie à toi. Toi qui reste sagement. Qui m’offre cette journée. Toi qui t’efface le temps de quelques heures pour quelques lignes. A lire. A écrire. A rencontrer.
Seconde après seconde je me cocon de moi. Enracinée dans mes pensées je devine les regards blafards. Là, une vieille femme qui mots croisés. Ici un jeune homme écouteurs vissés sur les oreilles. Plus loin un ado qui ronfles. Au détour d’un fauteuil, mi homme mi-femme corps androgyne. A mes côtés, journal qui se développe. En face, jeune fille timide. Remue-ménage : contrôleurs qui défilent. Les billets se montrent. Se déplient. Se poinçonnent. Casquette et costume gris. L’apparence est rigide. Le sourire austère. Les mots identiques. Clic. Clac. La machine avale les trous en continu. Train-train quotidien pour ces cravates pourpres.
Montparnasse approche…
Demain, la suite de mes aventures au salon du livre… patience.
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